La session 4 : ce qui a été vécu
Jour 1 - CHANGER DE REGARD
Deux thèmes ont été abordés sur cette journée :
👉 Ce que la transition écologique fait au travail et comment le travail peut en être un levier de la transition.
👉 La transformation et la mise en mouvement de l’entreprise et des équipes.
Mot d’introduction
35 invités aujourd’hui : Directeur des Investissements, DAF, Secrétaire Général, Directeur Stratégie,… Liens entre sobriété et performance, question générative, transcription concrète de la feuille de route, réflexion sur nouveau modèle économique.
Séquence Actu :
- PNACC (Plan National d’Adaptation au Changement Climatique) : consultation publique en cours
- SNBC 3 (Stratégie Nationale Bas Carbone) : en consultation également - en phase avec les accords de Paris
- Rapport de Réseaux action climat sur les impacts du changement climatique
Mot d’accueil de Carole Deumie, Directrice de Centrale Méditerranée
école d’ingénieur, avec 30% filles, 30% boursier
L’Ecole est à la recherche de robustesse ; elle souhaite former des ingénieurs qui pourront accompagner les entreprises dans leur transformation. Depuis 2018, des centaines d’heures sont consacrées à l’Anthropocène, au changement climatique ; ils sont formés au management, à l’intelligence émotionnelle.
Une réflexion démarre sur l’évolution des métiers auxquels les ingénieurs doivent être formés. Pour faire évoluer une formation, il faut faire évoluer tout un écosystème.
Video introductive de Dominique Meda sur les indicateurs qui propose d’insérer le PIB dans d’autres indicateurs : l’empreinte carbone et l’indice de santé sociale. Car le PIB ne reflète pas la réalité (ne prend pas en compte le travail familiale, amical, ni le patrimoine sur lequel repose le fonctionnement de l’économie). Replay
Repenser l’entreprise à l’aune de l’atténuation - Lou Welgrin - Carbon4 Finance - Data For Good
Rapport Copernicus : 2024 → 1ère année à +1,5°C
Les émissions continuent à augmenter de 1% par an alors qu’elles devraient baisser de 7% pour respecter les accords de Paris
Rapport “Faire sa part” de Carbone 4 : les changements de comportement individuels ne peuvent contribuer que à 25% des efforts d’atténuation attendus → les entreprises doivent agir
Premier réflexe des entreprises : réduire l’empreinte carbone.
Mais avant de parler décarbonation, il convient de s’assurer que ce que l’on souhaite décarboner a une bonne raison de se décarboner (=compatible avec trajectoire 1,5°C et en harmonie avec le vivant). OU le produit répond-il bien au besoin dans un monde sous contrainte carbone ? Il convient de s’intéresse à la pertinence du portefeuille de produits dans un monde bas carbone & s’interroger sur la quantité de produits dont on a besoin (=produire en juste quantité).
S’interroger sur l’utilité du produit pour la transition.
La question du quoi ? (=comment mettre son activité au service de l’économie de demain) est à poser avant la question du comment (=se décarboner). Les entreprises utiles à l’atténuation devraient être amenées à croître.
Repenser l’entreprise à l’aune de l’adaptation - Renaud Balaguer - CEREMA
Les records de chaleur s’enchaîne. L’eau est un élément central pour les entreprises, c’est un point d’ancrage commun entre les acteurs du territoire et les entreprises.
Les entreprises sont sur des territoires qui ont pu déjà commencer à mettre en oeuvre des actions d’adaptation auxquelles elles peuvent se rattacher.
Les entreprises sont déjà concernées par un ou plusieurs des impacts du changement climatique.
Il est important de trouver les déclencheurs pour la feuille de route : contrainte de production (quels risques de rupture de la chaîne de production?), …
La résilience inclut également la capacité à se transformer.
Différents types d’action :
- Action grise : agir sur la construction
- Action verte : inclure des arbres, biomimétisme
- Action douce : changer les comportements (nudge)
PNACC 3 - comporte 51 actions dont une quinzaine pour les entreprises
Guide epe pour l’adaptation au changement climatique à destination des entreprises. L’adaptation est une opportunité pour les entreprises
Repenser l’entreprise à l’aune des enjeux réglementaires - Stéphanie Brunengo - avocate médiatrice
“Il faut 20 ans pour construire une réputation et cinq minutes pour la détruire. Si vous y pensez, vous agirez différemment”, Warren. Buffet → lien entre juridique et réputation
L’environnement est un patrimoine commun de la nation selon le Code de l’Environnement ; la définition de l’environnement est complexe et évolutive. On reconnaît depuis peu que ce patrimoine génère des services écosystémiques.
L’environnement était initialement inclut dans le Code Civil avec une notion de propriété → l’environnement n’appartient à personne et dont l’usage est commun → des lois de police veillent à sa régulation
Dans les années 70, début de prise de conscience environnementale + grandes catastrophe → velléité que la loi agisse
Le droit évolue : le préjudice écologique est reconnu et l’environnement doit être réparé. A travers la loi Pacte, le pacte sociétaire intègre aussi l’environnement.
La suite ? l’environnement peut-il avoir une personnalité juridique ? cf. Equateur, Nouvelle-Zélande. Projets en Corse et pour l’Arc.
En réaction aux grandes catastrophes, il y a inflation législative pour prendre en compte le risque
Les juges sanctionnent et condamnent à des indemnités financières ; avec en même temps, une réduction de la couverture assurantielle.
Les textes imposent de la vigilance, de l’éthique, un reporting sincère sur la RSE, avec sanctions si manquement (avec possibilité des associations de saisir le juge). Les textes prévoient la concertation et la négociation.
Focus sur le risque chimique invisible : la réglementation inclut aujourd’hui uniquement la Dose Journalière Admissible sans prendre en compte l’effet cocktail.
Concept One Health
Synthèse par la CEC
Evolution du cadre réglementaire par Chloé : “la régulation est une contrainte que l’on s’impose pour éviter une contrainte encore plus grande que l’on subira.” (Fabrice Bonnifet)
Déjeuner en camps de base
Camp de base n°1
Compter ce qui compte vraiment - faire le point sur la feuille de route - préparer les ateliers
Sous-conférences - ateliers :
7 thématiques en lien avec la Fresque du Vivant issue de la S3
- Eau avec Cerema (Manon Albin)
- Air & climat avec Atmo Sud (Dominique) + Cerema (Renaud Balaguer)
- Sols avec Cerema (Thomas Dippe)
- Espaces urbains avec Cerema (Florence Orillard)
- Espaces verts & biodiversité avec ARBE (Stéphanie Garrido)
- Humains & gouvernance avec LICA Cécile Monière + Stéphanie Brunengo
Plénière “Aller de l’avant”
Intervention de Ashok ADICEAM, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, président de la La Conférence Nationale des Nations Unies pour l'Océan. La Conférence Nationale des Nations Unies se tiendra à Nice en juin 2025 et vise à aborder les ODD (Objectifs de Développement Durable), notamment l'ODD 14 concernant la vie aquatique. Cette intervention soutient le lancement du parcours CEC OCEANS dont le démarrage est prévu en mars 2025.
Objectifs de la Conférence
- Gouvernance océanique : Décisions prises à la lumière de la recherche scientifique.
- Économie bleue et finance : Mobilisation des entreprises pour des engagements durables.
- Ratification des accords : Accélérer la ratification des traités, notamment celui sur les hautes mers.
Lecture de Sophie d’un texte d’Erri de Luca
Intervention de Remy Lagarrigue (Redman & foncière solidaire Essentiel) alumni CEC parcours initial 2022 & Franck VuHong, alumni CEC Provence Corse 2023 et (Aepsilon)
Franck : Aepsilon est passé à 24h du dépôt de bilan il y a quelques semaines et se trouve aujourd’hui beaucoup plus proche de sa FDR qu’il ne l’a été avant cette épreuve. Il a commencé à se faire bousculer dès la S3 quand il a fallu s’interroger sur comment irait le monde si Aepsilon n’existait pas…. et à aborder le régénératif. Par ailleurs, Franck n’a pas réussi à convaincre ses clients se passer au numérique responsable, tout en perdant leur plus gros client. Aujourd’hui c’est une entité plus petite mais 100% dédiée au cap, donc il considère finalement avoir récupéré son retard sur la FDR ! Il se trouve aujourd’hui libéré eta finalement réussi à aligner ses convictions et ses activités.
Rémy : la société de promotion immobilière Redman est labellisé Bcorp, notamment, mais s’est aussi retrouvé avec une multitude d’outils qui pour autant n’arrivaient pas à parler à la fois aux collectivités, aux financeurs… ⇒ ont contribué à construire l’Impact Score pour un référentiel commun.
Témoignage de Sophie Robert-Velut, DG de Mustela
La société Expansciance annonce une dépendance à 97% de la biodiversité pour ses produits, soit la quasi totalité de ses matière premières. Les débuts de la transformation de l’entreprise remontent en 2004 avec la signature du pacte de l’ONU, puis la labellisation B Corp en 2018, qui permet de mieux regarder les angles morts. L’adoption d'un statut de société à mission a permis une vigilance accrue et une transformation plus radicale. Mais la CEC a permis d’aller plus loin. Elle a permis la prise de conscience de la fragilité de l’entreprise, notamment via les risques de transition et d’événements (guerre Ukraine, blocage canal de Suez, blocage port de Shangaï) Des questions existentielles sont apparues pour Mustela : “et si l’eau avait un vrai prix ?” “et-si l’énergie venait à manquer ?” “et si on subissait une perte massive de biodiversité ?” …. ⇒ “ces questions nous ont permis d’aboutir à notre QG en “et si”” D’où la Question Générative : “Et si nos offres étaient essentielles, locales, réparatrices des ecosystèmes et du vivant ?”, qui a notamment entrainé la relocalisation des productions et coopérations ecosystémiques sur les sites de consommation (en Eure & Loir pour la France)
Actions concrètes
- Fontaine à Vrac : Lancement de fontaines à vrac en pharmacie qui a donné lieu à un consortium de concurrents (concept de coopétition) pour élargir l'offre de produits en vrac.
- Analyses de Cycle de Vie (ACV) : Réalisation d'ACV pour les nouveautés et le portefeuille actuel pour évaluer l'impact environnemental et social des produits.
- Investissements : Projets d'investissement pour réduire l'utilisation de plastique et améliorer l'efficacité logistique.
- Obligation des filiales : Investir un pourcentage de leurs ressources dans des causes parentales en fonction des besoins locaux.
- Exemples de besoins :
- États-Unis : Retour à l'emploi des femmes après leur postpartum.
- Portugal : Santé mentale des jeunes enfants.
- Cartographie du territoire :
- Comprendre les enjeux sociétaux, de santé, et les problématiques de biodiversité des territoires.
- Identifier les coopérations potentielles.
- Ferme du Tremblay : Coopération pour le traitement des bouts de lavage et l'utilisation de la chaudière en biomasse.
- Décarbonation et protection de la biodiversité :
- Travail sur les approvisionnements pour des pratiques agricoles durables.
- Objectif 2035 : 100% d'approvisionnement issu de pratiques respectueuses de l'environnement.
- Réduction des émissions : Arrêt du fret aérien et changement de mix énergétique.
- Arrêt des lingettes jetables :
- Arrêt total de cette catégorie en 2027.
- Réglementation : Anticipation des obligations réglementaires pour 2040.
- Nouvelles formulations basées sur des ingrédients locaux pour réduire la dépendance au commerce international.
- Objectif net zéro : Réduction de 70% des émissions de l'usine, représentant 6% des émissions totales.
Jour 2 - MONTEE DES CURSEURS
Atelier en cordées :
Nourrir et partager ses ambitions, objectifs d’impact, freins à partir des FDR, de l’impact score, des avancées du J1 ; au travers de regards croisées, également avec un Alumni Provence.
Identifier ses impacts communs et faire émerger 2-3 objectifs d’impact, quantifiés, mesurables et ambitieux
Plénière :
Retour des Alumnis et participants sur l’atelier cordée
Intervention de Mickaël Cornou - Interface
Produit principal : dalles de moquette. Interface a produit de la même manière pendant une vingtaine d’années (1973 - 1004).
Puis une vision a émergé du fondateur Ray Anderson en 1994 suite au questionnement d’un client. “On peut être profitable tout en étant durable” (déjà en 1994). “C’est aux entreprises qui sont émettrices et à la source des problèmes de trouver des solutions, sans attendre de réglementation” “Les solutions environnementales existent et elles se trouvent dans la nature.”
Mickaël détail la mission Zéro (démarrée en 1994 avec objectif 2020) :
- Elimination des déchets
- Réduction des émissions nocives (dans la fabrication, mais aussi pour les poseurs et les utilisateurs)
- Développement des énergies renouvelables
- Boucler la boucle : trouver des matières recyclables + trouver une seconde vie aux produits
- Optimiser les transports
- Sensibiliser les parties prenantes → peut-être le plus important - cf. nécessité de coopération
- Redéfinir la façon de commercer
Toutes les innovations sont développées dans l’objectif de réduction de l’empreinte environnementale
Dès 1995, récupération des premiers programmes de reprise des produits en fin de vie → c’est toujours compliqué aujourd’hui !
Développement de la fibre recyclée malgré les réticences des fournisseurs
Biomimétisme : développement des produits aléatoires qui ont du succès : moins de chute, moins de temps à l’installation,…
Inspiration du gekko pour faire adhérer la moquette (et supprimer la colle) → permet le ré-emploi car la moquette a une durée de vie de 20 ans mais les dalles de moquettes sont changées en moyenne tous les 7 ans par les usagers
Récupération de filets de pêche pour fournir le fournisseur de fibres ; puis l’innovation a été étendue à d’autres domaines (vestimentaire)
Premières moquettes carbone négative : la matière première emmagasine davantage de carbone qu’il n’en est émis pendant la production
Camp de base 2
Dédié au partage entre binômes des enseignements issus des sous-conférences et cordées ; poursuite de la consolidation de la feuille de route
Conclusion en plénière avec les messages de la nouvelle génération
Titouan Bajon, Anna Rodriguez, Paul Frignac, étudiants à Centrale Méditerranée
Alizée Le Fur :”le plus gros risque aujourd’hui est de ne pas en prendre”