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Session 3
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Synthèse Session 3 : “Entreprendre avec le vivant” (2)
Synthèse Session 3 : “Entreprendre avec le vivant” (2)
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Synthèse Session 3 : “Entreprendre avec le vivant” (2)

Après la session 1 en avril, consacrée au partage du constat sur le dépassement des limites planétaires, la session 2 en juin avait permis de lancer l'exploration individuelle et collective des façons concrètes de revenir dans le « donut » d’une économie respectueuse du système Terre comme des besoins humains.

Ainsi, la raison des entreprises commence à être repensée, la rédaction des feuilles de route est bien entamée, de nouveaux modèles économiques à visée régénérative et systémique se dessinent…

Le webinaire intersession “Embarquer l’équipage” a réuni des témoignages et retours d’expériences d’anciens participants soucieux de faire adhérer leurs collectifs à ces nouvelles directions.

A mi parcours, la session 3 s’attache à ce que ces nouveaux modèles intègrent la dimension du vivant comme composante incontournable et systémique des organisations.

Ainsi, la session 3 propose aux participants :

  • d’explorer un nouveau récit et son cap à visée régénérative
  • d’intégrer la biodiversité et le vivant dans leurs feuilles de route
  • d’être en capacité à questionner et explorer leurs offres, produits, services, modèle économique, chaine de valeur à l’aune du vivant

Elle permet à chaque participant d’explorer sa connexion, directe ou indirecte, au vivant.

La session 3 : ce qui a été vécu

Jour 1 - Perspectives : Comprendre le lien de son organisation avec le vivant

Accueil au centre Regain

Regain = renouveau, première herbe qui pousse

Ouverture en plénière

Introduction CEC

Retour sur la S2 et le webinaire intersession “embarquer ses équipes” (ingrédients : comprendre que le statut quo n’est plus possible et doit être changé - comprendre que le changement est possible - faire appel à la prospective pour aller faire des idées nouvelels)

Quelques actus de l’été : - record de température de la Méditerranée - permis de construire conditionnés à la ressource en eau dans les Alpes-Maritimes - accélération de la hausse des températures en juillet - la sobriété commence à s’imposer chez les consommateurs - giga feux de forêts qui sont émetteurs de GES - chômage technique canicule dans le BTP - des micro-plastiques se retrouvent dans les cerveaux - SBTI : les compensations carbone sont exclues en dehors d’une stratégie de réduction

🎤 Intervention de Emmanuel Druon (Pocheco)

  • Comment s’inventer un possible futur dans un marché en effondrement ?
  • Depuis 1997, crée les conditions pour entreprendre sans détruire. Tout a changé depuis 30 ans, avec la préoccupation première de préserver la santé humaine. Précédemment : utilisation de solvants (toxiques mais autorisés par la réglementation). Pour changer la qualité de vie au travail, peut-on substituer les produits utilisés ? Recherche de nouvelles formules (naturelle, sans métaux lourds) préservant la santé humaine ; cette formule naturelle est certes plus coûteuse financièrement mais moins coûteuse pour la santé humaine et la santé des milieux naturels (sans compter protection humaine, traitement des effluents,…). La nouvelle formule non toxique a permis d’internaliser la réalisation des mélanges et de ré-utiiliser les produits fabriqués → le coût total final est moins important. C’est un exemple d’une nouvelle notion d’ECOLONOMIE → Il est plus économique de travailler de façon écologique !
  • Extension de cette démarche à tous les autres composants de l’enveloppe. Le changement a été possible car l’entreprise y avait elle-même des avantages à changer ; le changement sous la contrainte ne fonctionne pas. Le papier est maintenant issu des coupes d’éclaircies de bois utilisés pour menuiserie ou charpenterie. Ce sont les copeaux de menuiserie (donc un déchet) qui sont utilisés pour produire le papier. Lorsqu’un arbre est coupé, 4 sont replantés, ce qui a contribué à la replantation de 3,5 millions d’arbres.
  • Le changement d’encre a aussi permis de récupérer les eaux de process pour les ré-utiliser. L’eau de pluie est également utilisée dans le process.
  • Création d’un corridor de biodiversité sur le site

Rappel : constat - changement de regard (services écosystémiques) -

  • Questionner notre position parmi les vivants
  • Questionner notre position parmi les humains
  • Travailler notre sensibilité au vivant
  • Valoriser l’expérience de nature

📝 Camp de base #1

Ce premier camp de base de la session est consacré à l’identification du lien des participants et des entreprises avec le vivant. Le déjeuner se fait en camp de base en extérieur, après une petite marche et autour d’un pique-nique.

Fresque murale “Le vivant qui relie” 🎨

Les participants viennent coller sur la Fresque le lien au vivant qu’ils ont identifié pendant le camp de base.

Retour en plénière

🎤 Intervention de Marc-André Selosse - la biodiversité au service de l’humanité

Lien entre mortalité infantile et maladie des chauves-souris via utilisation des pesticides

“Retourner la chaussette pour voir la biodiversité qui nous rend des services - et pas uniquement la biodiversité qui rend malade”

“La biodiversité, c’est nous (moi d’abord!)”

Ca faut le coup de s’arrêter devant son frigo pour voir toutes les espèces dont on dépend.

Quand on met n’importe quoi dans le vivant, ce “n’importe quoi” rentre en nous : PCB, Lindane,…,

Une hygiène très poussée a fait disparaître des maladies et apparaître des “maladies de la modernité” (sclérose en plaque, asthme, diabète type I, autisme) qui sont liées au microbiote (baisse de diversité microbienne). On peut être soigné en restaurant une diversité que l’on a perdue.

La biodiversité pour la santé : il vaut mieux vivre dans un environnement qui n’est pas trop propre. Conservateurs, édulcorants, anti-oxydants détruisent le microbiote. avec 5 fruits et légumes par jour (et 25 espèces différentes par semaine), la diversité du microbiote est bien alimentée.

La diversité dans les cultures confère une plus grande résistance à la propagation des maladies. Cette diversité des espèces dans une même culture permet de réduire l’usage des pesticides. Les haies sont un moyen de retarder l’utilisation des pesticides : pollinisateur, stockage eau douce, empêche ravageurs. La rotation de culture permet d’augmenter les rendements.

“One Health - Une seule santé”

“La valeur intrinsèque de la biodiversité n’a jamais motivé les foules, il n’y a nulle honte à regarder la biodiversité comme un outil ; ce qui est honteux, c’est de ne pas permettre à nos enfants de vivre”. “La biologie n’est une fatalité que si on l’ignore” (Jérôme Barkow)

“les produits que l’on utilise ont une couleur et une odeur : à quoi ça sert? alors qu’ils sont dangereux pour la santé ! “

Tragédie des biens communs : quelqu’un aura toujours intérêt à gagner profit immédiatement d’une ressource commune en l’exploitant plutôt que d’en conserver le bénéfice futur pour tous.

🎤 Intervention d’Emmanuel Delannoy - L’entreprise au service de la biodiversité

La nature est un fournisseur qui n’envoie pas de facture. L’entreprise dépend de ses fournisseurs, y compris la nature ; les autres fournisseurs sont rémunérés à leur juste valeur.

Si le service écosystémique n’est plus présent demain pour l’entreprise, son procédé de fabrication peut être remis en question.

La biodiversité créée de la valeur pour l’entreprise : en fournissant des matériaux, de l’énergie, en favorisant l’intégration territoriale, en fidélisant client et collaborateurs, en se préparant aux mutations économiques.

Aujourd’hui, la standardisation est favorisée, au détriment de la diversité. Pour restaurer la biodiversité, il est nécessaire pour l’entreprise de commencer par identifier ses dépendances à la biodiversité - y compris pour les métiers de services (via les clients et les fournisseurs), via ses parties prenantes

“Il faut que tout change pour que rien ne change = Si on veut préserver l’habitabilité de la planète, il va falloir agir en profondeur. Ce sont nos croyances, très ancrées en nous, qu’il faut revisiter.” René Descartes : il faut que l’humanité se rende maître et possesseur de la nature → a pu créer une aversion à l’imprédictible. Aujourd’hui la question est : Comment peut-on préserver la biodiversité favorable aux humains ?

📝 Camp de base #2

Ce deuxième camp de base est consacré à l’identification des impacts et dépendances de son entreprise avec le vivant, tout au long de la chaîne de valeur et au travers de ses parties prenantes.

Place du marché des témoignages

4 organisations témoignent de leur lien au vivant, des transformations mises en oeuvres dans leur activité, avec leurs parties prenantes, de leur engagement, ainsi que des résultats visibles.

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Banquet avec le vivant

Les participants dînent regroupés selon le thème qui les a reliés et qui ont contribué à la constitution des groupes “cordées”

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Regen Tour et soirée 🪇💃

Après le dîner, la soirée se poursuit avec la “suprise” : un Regen Tour en 5 étapes qui se termine musique et fiesta !

Jour 2 - Atterrissage : Intégrer la biodiversité et le vivant dans sa feuille de route

Journée du vendredi 13 septembre 2024

Réveil corporel 🧘

Des ateliers de Yoga, Qiya, Xi Gog, respiration, méditation et jogging sont proposés au participants.

Démarrage en plénière : intervenants et témoignages

🎤 Olivier Hamant - Performance vs robustesse - Entreprendre pour (et avec) le vivant

Nous vivons dans le culte de la performance : efficacité & efficience. Mais est-ce une bonne idée ?

Loi de Goodhart : quand une mesure devient une cible, elle cesse d’être fiable (performance sportive, KPI,…). Notre performance a un coût qui est payé par les écosystèmes.

Comment déraille-t-on de ce culte de la performance ?

Comment va-t-on vivre dans un monde qui devient plus fluctuant ? On quitte le monde de la moyenne pour aller dans le monde de l’écart-type. Les êtres vivants savent vivre dans un monde fluctuants : ils sont robustes. Robustesse = maintenir le système fiable malgré les fluctuations à court terme & maintenir le système viable malgré les fluctuations à long terme. Les êtres vivants sont robustes parce qu’ils ne sont pas performants ; la robustesse se construit contre la performance (inefficacité, redondances, incertitudes, incohérences, hétérogénéité - cf. diversité). Les êtres vivants ne sont pas adaptés, ils sont adaptables.

La performance, c’est s’enferrer dans une voie étroite ; ce qui n’est non viable dans un monde fluctuant / de pénurie. On ne peut pas être à la fois performance (être dans une voie unique étroite) et robuste (avoir plusieurs voies possibles).

Les systèmes changent par la marge et la périphérie (cf. banc de poissons, nuées d’oiseaux). Exemples :

  • de l’agriculture intensive (mono production) avec l’agroécologie (richesse des interactions du vivant)
  • de l’économie propriétaire vers l’économie d’usage (produire des objets réparables)

Le monde de la robustesse est technophile (plusieurs technos sont présentes simultanément), alors que le monde de la performance est technophobe (une technologie écrase les technologies précédentes).

Exemple de Nexans qui a exclu de son portefeuille ses “clients toxiques”

Audit interne de robustesse : lister les contre-performances et regarder dans quelle mesure ces contre-performances contribuent à la robustesse. Faire des tests de robustesse.

Concept de “One Health” : on s’ancre d’abord aux écosystèmes qui permettent de créer de l’activité.

Le décideur dans un monde fluctuant va avoir une nouvelle posture : il devient facilitateur “j’ai envie” & “je ne sais pas comment faire” alors que dans un monde performant, le décideur agit avec “je veux”&”je sais”

🎤 Cécile Poujade - Agir concrètement pour le vivant - Institut des Futurs Souhaitables

  • développer sa sensibilité au vivant - entretenir son rapport au vivant (vent, température,…)
  • les villes sont coupées du vivant, alors que “habiter, c’est co-habiter” ; les espèces vivantes sont toujours là
  • coopération avec le vivant qui est un allié
  • quelle valeur créatrice pour le vivant ? vs activité destructrice pour le vivant
  • il y a besoin de changer de jeu, pas de participants (ne pas rester dans le monopoly) → ces nouveaux jeux sont en train de s’inventer

🎤 L’Occitane - témoignage d’une entreprise Alumni - Florian Croce et Elsa Bueckly

Retour d’expérience sur les laboratoires M&L sur leur parcours CEC, en lien avec la richesse du vivant de leur territoire.

Même s’il n’y a pas de craquage du modèle d’affaire, il y a la possibilité de faire bouger les lignes, d’accélérer le changement de cap, d’étendre les actions déjà engagées à l’ensemble des activités. La question basique de la redéfinition de la création de valeur a été posée = people / planet / profit. Ce n’est plus uniquement “vendre des produits” mais surtout “proposer des solutions”

Illustrations des actions mises en place :

  • changement de packaging (dans les hôtels) qui a fait baisser les volumes + suppression du produit “bain moussant” (alors que cela représentait 60% des débouchés des producteurs de lavande locaux)
  • suppression du transport aérien (même si représente “uniquement” 2% du transport), élargissement des transports en train malgré la complexité des solutions opérationnelles à mettre en oeuvre
  • la transformation nécessite des investissements
  • les actions se mettent en place via des coalitions locales
  • élargissement à tous les collaborateurs des objectifs sur les 3P → permet d’impliquer tous les collaborateurs

Ateliers IFS “entreprendre pour le vivant” en Cordées🍑🍊

Après un temps de retrouvailles des participants de la cordée (ex-groupe fruits), les participants poursuivent les échanges autour des questions comment nos entreprises peuvent moins abîmer le vivant, en prendre soin voire être régénératrices ?

Et les discussions se poursuivent au déjeuner qui se tient en Cordées.

📝 Camp de base #3

Ce dernier camp de base de la session est l’occasion de commencer à décliner son intégration du vivant dans sa feuille de route en plan d’action opérationnel. Les participants abordent ainsi la notion de leviers de redirection.

Conclusion & déclusion