Session 2 : Nouveau cap vers le Régénératif
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Session 2 : Nouveau cap vers le Régénératif

La session 2 : ce qui a été vécu en quelques mots

La CEC Ouest en route pour la régénération !

📍Cette 2e session a réuni les 120 dirigeantes et dirigeants du parcours Ouest pendant deux jours et demi à la Halle 6 Ouest. Lieu chargé d’histoire situé sur l’Ile de Nantes, autrefois dédié à la construction des bateaux, la Halle 6 est maintenant au cœur du quartier de la création et tourné vers la coopération avec de nombreux acteurs du territoire.

Ce lieu illustre la créativité, la coopération et la mise en route vers le nouveau cap régénératif, thématique de cette session.

Le récap’ de la session

Jour 1 - Retrouvailles et premiers pas vers la régénération

🎤 Plénière d’ouverture

🗺️ Fresque de l’entreprise régénérative

🥂Soirée

Jour 2 - Un nouveau cap à viser : la régénération

🎤 Conférence “Quelle stratégie face aux risques systémiques ?”, Arthur Keller

🎤 Conférence ”L’économie régénérative”, Pascale Guiffant & Walter Bouvais

🎤 Témoignage de Jean Vidal, alumni parcours CEC Ouest

🎤 Conférence "L’économie de la fonctionnalité”, Magali Courtial Van Ossel & Sébastien Marquant

🎤 La méthode CEC, Magali Euverte & Céline Crosnier

🏕️ Camp de base : question générative

Jour 3 - Trouver les leviers vers un nouveau cap

🎤 Conférence “Renoncement et redirection écologique”, Alexandre Monnin

🎤 Conférence “Vers des économies régionales bas carbone, en Bretagne”, Yannick Saleman

🎤 Conférence "Transition socio-écologique : une approche par les compétences”, Émeric Fortin

🏕️ Camp de base : cap à 10 ans

🎤 Clôture en plénière

📣 En bonus : Vos réactions sur les réseaux

Jour 1 - Retrouvailles et premiers pas vers la régénération

Après-midi et soirée du lundi 13 janvier

Après un petit café dans la joie de se retrouver, les participants ont vécu un temps de plénière pour entendre quelques messages clés pour cette nouvelle session et des éléments de bilan de la session précédente. Ils ont ensuite rejoint leur camp de base pour une fresque de l’économie régénérative, puis se sont retrouvés autour d’un cocktail dinatoire, en compagnie de quelques alumni venus témoigner de leur expérience.

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🎤 Plénière d’ouverture

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Après avoir formulé leurs vœux autour de 3 mots : courage, liens et joie, Sylvain, Sophie et Céline ont présenté les intentions de la session 2 :

  • Comprendre l’approche systémique et les principes de l'économie régénérative
  • Questionner sa raison d'être et son modèle d’affaires
  • Réintégrer son activité & son modèle dans les limites planétaires

Emmanuelle, en charge de l’événementiel, et Edwige Chassagneux, directrice de la Halle 6 Ouest, ont présenté l’histoire du lieu et éclairé le sens de vivre cette session ici.

Un temps a ensuite été dédié au bilan de la session 1 :

Apres avoir diffusé le film de la session 1, Sophie L. et Sophie B, en charge de la communauté des participants, ont partagé quelques-uns des principaux enseignements du questionnaire post-session 1, qui souligne des émotions fortes, la force du collectif, la qualité de la méthode et quelques besoins (témoignages d’alumni, networking, temps de régénération…) qui ont ont nourri l’élaboration du programme de la 2e session.

Christine a ensuite partagé le bilan carbone de la session 1 :

  • Il s’élève à 5,8 tonnes d’équivalent CO2, dont 85% liés au transport et à l’hébergement.
  • Une majorité des participants s’est déplacée en voiture (1,6 personne par voiture). Sur 27700km parcourus, 52% l’ont été en voiture, représentant 99% des émissions. L’enjeu ? Plus de train ou si ce n’est pas possible, plus de covoiturage pour moins d’émissions.
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🏅 Challenge proposé : réduire drastiquement le poste transport pour la prochaine session (des liens pour faciliter le covoiturage sont proposés) !

Pour terminer, l’équipe CEC a partagé en transparence le budget du parcours.

👉 Lien vers la présentation

🏕️ Camp de base : Fresque de l’entreprise régénérative

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Inspirée de fresque du climat, la fresque de l’entreprise régénérative, créée et co-animée par Open Lande, est un atelier collaboratif qui amène à prendre conscience des impacts et dépendances de l’entreprise sur toute sa chaîne de valeur. En 3 séquences, la fresque a permis aux participants de se familiariser avec les concepts de l’économie régénérative, de faire émerger les premiers questionnements et d’appréhender des premiers leviers d’actions.

🥂 Soirée

Une douzaine d’alumni des premiers parcours sont venus rencontrer les participantes et participants. Cette soirée s’est déroulée dans l’intention de faire se rencontrer les participants entre eux et avec les alumni, de manière ludique, et favoriser ainsi la création de coopérations.

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Jour 2 - Un nouveau cap à viser : la régénération

Journée du mardi 14 janvier

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La deuxième journée a démarré avec une préparation physique de Gérard (Laurent), coach en bienveillance. Elle a ensuite été marquée par des conférences riches avec Arthur Keller pour comprendre la systémique, ainsi qu’Open Lande et Imaterra qui sont venus nous parler d’économie régénérative, d’économie de la fonctionnalité et de coopération.

Jean Vidal et Magali Euverte, alumni de la 1ere édition Ouest, sont également venus témoigner.

Enfin, les participants ont travaillé en camp de base sur le premier terrain de la feuille de route : la question générative. La journée s’est terminée par un diner en camp de base.

La journée, croquée par Morgan Marzin, notre facilitateur graphique.

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🎤 Conférence : “Quelle stratégie face aux risques systémiques ?”, par Arthur Keller, expert et enseignant des risques systémiques

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Arthur Keller a introduit sa conférence avec l’idée que les bouleversements écologiques et sociétaux ne peuvent être compris ni résolus en adoptant une vision binaire (problème/solution) qui aboutirait au mieux à une atténuation des effets négatifs : il faut tenir compte des impacts systémiques et changer les règles qui régissent le système.

Il compare l’humanité à un groupe d'aveugles découvrant un éléphant : chacun perçoit une partie de la réalité, mais l’ensemble du système nous échappe.
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Le constat

Arthur a repris les principaux éléments du constat, rappelant que notre civilisation fonctionne comme une machine qui transforme la nature en déchets, en prélevant trop rapidement des ressources et en générant des pollutions dépassant les capacités de renouvellement de la planète.

Il faut se préparer au fait que nos solutions ne vont pas marcher, ça ne veut pas dire qu’il ne faut pas le faire. C’est vital et dérisoire.
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Quelques chiffres :

🛢️60 % des réserves de pétrole connues doivent rester inexploitées pour préserver l’habitabilité.

🛢️ Nous consommons 6 barils pour chaque baril découvert.

🌊 L’acidification des océans menace 70-90 % des récifs coralliens.

🐿️ 73 % de perte de biodiversité en 50 ans.

  1. Lithosphère (ressources terrestres) :
    • Pétrole : nous sortons de l’ère du pétrole abondant et bon marché
    • Minéraux clés : le cuivre, essentiel à la transition énergétique, est en pénurie et demande de l’eau : on va devoir arbitrer entre utiliser l’eau pour vivre ou pour produire du cuivre afin de soutenir notre modèle de consommation.
    • Sable : rareté croissante, en particulier pour la construction (ex. consommation massive en Chine).
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  1. Hydrosphère (eau) :
    • Vie marine en danger (acidification des océans)
    • Surexploitation des nappes phréatiques, avec des "solutions" aggravant les problèmes (salinisation, tarissement).
  1. Cryosphère (glaciers et calottes polaires) :
    • Écarts climatiques de plus en plus extrêmes
  2. Atmosphère (climat) :
    • Les émissions de CO2 continuent d’augmenter malgré les efforts, révélant une inertie structurelle. Si la France a réussi à baisser ses émissions, celles-ci ne sont pas toujours émises sur le territoire, ça n’a pas de sens de raisonner a l’échelle d’un pays.
    • L’empreinte carbone d’un Français est de 10 tonnes/an, les principaux postes sont le transport et la viande. Pour arriver à 2 tonnes, il faut un changement de civilisation.
Le grand projet sur lequel l’humanité a tout misé pour financer la transition énergétique, et donc la vie sur terre, n’est pas viable à cause des matériaux.
  1. Biosphère (vie sur Terre) :
    • 75 % des terres sont dégradées, majoritairement par l’agriculture intensive et l’élevage.
    • Modèles alimentaires inefficaces (ex. 95 % des terres agricoles pour produire 17 % de protéines animales).
L’humanité n’est pas confrontée à une crise écologique, c’est la nature qui est confrontée à une crise humaine.

Arthur a souligné les limites des solutions actuelles, et notamment pointé :

  • que sobriété, efficacité et renouvelables, bien que nécessaires, ne suffiront pas à résoudre la question de la transition énergétique
  • que le changement climatique n’est pas la cause mais un symptôme d’un modèle insoutenable
  • qu’il est indispensable de modifier les règles du système et de remettre en cause le modèle économique basé sur le PIB et la linéarité du flux : extraction → consommation → déchets
  • que l’enjeu principal n’est pas d’éviter l’effondrement des systèmes (la courbe rouge va repasser sour la courbe verte) mais de s’y préparer pour limiter les impacts sociaux, économiques et écologiques.
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On ne soigne pas un cancer avec du Doliprane, de la crème et de la tisane, même si les symptômes sont des maux de tête des démangeaisons et des maux de ventre.

On fait quoi ?

Arthur Keller a souligné les vulnérabilités de notre société, marquée par une dépendance aux ressources mondialisées et des infrastructures fragiles, comme l'alimentation où 97 % des produits consommés en ville viennent de l’extérieur, ce qui est possible grâce à un pétrole bon marché. Il a remis en cause les fondements de l’économie néoclassique, qui s’est imposée pendant les 30 Glorieuses, et dont une des hypothèses est que les ressources naturelles sont gratuites et inépuisables, et qu’une croissance infinie est donc possible.

Il s’est attardé sur le concept de décroissance. Loin d’être l’inverse de la croissance, il définit la décroissance comme un projet politique qui vise à organiser et planifier la descente énergétique et matérielle. Il la distingue d’une contraction économique qui, elle, provoque une casse sociale.

Il a donc proposé une décroissance planifiée pour repenser nos usages, réduire la consommation et relocaliser les besoins essentiels.

Arthur a insisté sur la nécessité de renforcer la résilience, non seulement en absorbant les chocs, mais aussi en étant capables de s’adapter et de transformer nos territoires pour garantir les besoins essentiels.

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Il a également plaidé pour des récits collectifs ancrés dans les réalités locales et porteurs d’émotions, comme la peur bien orientée ou l’espoir, pour mobiliser l’action.

On ne va pas éliminer le tsunami qui arrive avec des solutions, mais on va apprendre à surfer.
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Il a évoqué plusieurs leviers : l’approche low-tech, la relocalisation, la réduction des déchets via l’économie circulaire, ainsi qu’une gouvernance partagée, impliquant toutes les parties prenantes. Pour lui, la transition doit être culturelle et systémique, reposant sur l’action collective de masse et de réseau et privilégier la résilience à la performance.

“Nous avons une chance, celle de devenir les héros de ceux que nous aimons.”

👉 Lien vers la présentation

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📚 Etude du Shift “l’Union européenne risque de subir de fortes contraintes sur les approvisionnements pétroliers d’ici 2030”

🎤 Conférence : “L’économie régénérative”, par Walter Bouvais et Pascale Guiffant, co-fondateurs d’Open Lande

Notre Système Terre est en grande souffrance. En externalisant les impacts de nos activités nous créons des communs négatifs que les collectivités vont devoir assumer.

Nous sommes en train de creuser une dette écologique qui ne peut pas se négocier.

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Quelques chiffres :

⚰️ 13% des décès en Europe dûs aux problèmes environnementaux

👯 0,01 % du total de la masse de vie sur Terre représente les humains.

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Il est nécessaire de repenser la raison d’être de nos activités en appliquant à nos organisations les principes de l’économie régénérative et en développant les capitaux Humain et Naturel :

  • mettre le vivant au cœur de nos systèmes
  • régénérer ressources, écosystèmes et liens
  • renforcer notre résilience

Depuis fin 2024 une spec AFNOR propose une définition commune de l’économie régénérative et dessine des lignes directrices pour concevoir des modèles d’affaires.

Quelques exemples :

Gobi #écoconception > stop aux gobelets en plastique au bureau.

Toopi #circularité, #filière > sortir l’urine du cycle de l’eau pour remettre de l’azote dans les sols.

Patagonia #réparation > produit qui répond à un besoin essentiel + réparation de l’existant

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C’est une trajectoire. L’économie régénérative est un modèle d’activités agissant pour l’intégrité du vivant, humain et non-humain, et soutenant la vitalité des écosystèmes écologiques et sociaux avec lesquels ils co-construit, dans une spatialité définie.

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📚 Essai : Le gouvernement des communs, Elinor Ostrom

🎤 Témoignage de Jean Vidal, président du directoire de l’entreprise Charier, alumni du parcours CEC Ouest

Alumni de la CEC Ouest et président du directoire de l’entreprise Charier, Jean Vidal est venu nous parler de la transformation écologique de l’entreprise familiale Charier, spécialisée dans les travaux publics depuis 150 ans.

Ému de revenir, il nous a partagé comment Charier vise à perdurer encore au moins un siècle et a entrepris de devenir partie prenante de la solution plutôt que du problème.

Ça a été au départ surtout une feuille de doutes.

Ce processus s’est traduit par l’adoption du statut d’entreprise à mission et la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse : le plan « Agir 2030 », autour de 3 axes.

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Renoncer : à des activités incompatibles, comme l’exploitation de sable marin (2 % du CA mais 15 % des émissions carbone) et le refus d’agrandir une carrière.

Réduire les impacts : L’entreprise s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 30 % sur le scope 3. Pour cela, elle a développé un outil de reporting avec Next Décision, également alumni de la CEC Ouest. Des efforts significatifs ont également été déployés sur le recyclage (+15 % déjà atteints, objectif de +25 %) et le réemploi des matériaux issus de la démolition.

Restaurer : grâce à une nouvelle activité de génie écologique visant à dépolluer, désartificialiser et renaturer les espaces naturels (exemple de la renaturation d’un marais, incluant le rétablissement du cours d’un ancien ruisseau). L’objectif est de consacrer 20 % de son activité à ces initiatives d’ici 2030.

Le soutien des actionnaires a été décisif dans cette transition. Convaincus par l’impact positif des initiatives, ils soutiennent également le projet de transmission de l’entreprise aux salariés.

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🎤 Conférence : “L’économie de la fonctionnalité et de la coopération”, par Magali Courtial Van Ossel et Sébastien Marquant, associés d’ImmaTerra

Magali et Sébastien ont rappelé l'urgence de repenser nos modèles économiques pour faire face à la raréfaction des ressources et aux fluctuations des polycrises (effondrement de la biodiversité, dérèglement climatique, crises géopolitiques). Cette période d’inversion, où l’abondance laisse place à la rareté, appelle à sortir de la compétition pour adopter des approches basées sur la coopération.

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Ils ont montré qu’il est essentiel de se poser les bonnes questions et nous ont partagé une citation d’Albert Einstein « Si je disposais d’une heure pour résoudre un problème dont ma vie dépend, je consacrerais les cinquante-cinq premières minutes à définir les questions à se poser, car une fois cela fait, je pourrais le résoudre en moins de cinq minutes. »

Exemple des méga-bassines qui répondent juste à la question “comment retenir plus d’eau ?” au lieu d’une question de type “comment aider les agriculteurs à produire malgré la raréfication de l’eau ?”

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C’est ensuite à travers des exemples concrets du territoire (Macoretz, Fidel Fillaud, Hyper U Guichen et Icoopa), qu’ils nous ont présenté les principes de l’économie de la fonctionnalité et de la coopération (EFC).

La methodo ? Questionner les enjeux pour coopérer, en lien avec les parties prenantes.

Dans l’exemple de Macoretz, constructeur de maisons individuelles, il s’agissait de passer de la vente d’un produit ou service en volume (m2 de surface habitable) à un contrat rémunérant la performance et les valeurs d’usage (capacité de logement, qualité de vie, service rendu au territoire et réduction de l’impact environnemental).

Autrement dit, passer d’un modèle centré “moyen” (logique volumique) à un modèle centré “effet” (logique servicielle, basée sur la valeur) en coopérant avec les parties prenantes de l’organisation.

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“Vous n’imaginez pas à quel point vos parties prenantes ont intérêt et ont envie de préparer l’avenir avec vous !”

👉 Lien vers la présentation

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🎤 La méthode CEC - Magali Euverte, directrice régionale TER Bretagne (alumni CEC Ouest) & Céline Crosnier, copilote CEC Ouest

Céline nous a rappelé que le chemin vers le régénératif est long et que l’enjeu des feuilles de route est de viser un cap régénératif qui va au-delà de la réduction des impacts négatifs. Elle a expliqué le point de départ de la méthodologie CEC : la question générative.

Témoignage Magali Euverte :

“J’ai été bousculée, c’était dur. Je suis ingénieure de formation, je résonne problème/solution, je voulais aller direct aux solutions : c’est bon on a compris, maintenant qu’est-ce qu’on fait? “

Directrice Régionale du TER Bretagne et Coordinatrice Régionale du groupe SNCF en Bretagne, Magali pensait faire partie de la solution et s’est fait challenger par les membres de son camp de base et ses CoFa, ce qui l’a poussée à aller plus loin. Elle a finalement apprécié de prendre ce temps précieux, à deux avec son binôme, pour se questionner.

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4 étapes pour construire sa question générative :

  1. Etat des lieux du modèle
  2. Impacts de votre organisation
  3. Risques (physiques ou géo) et opportunités
  4. Matrice d’éco - socio - compatibilité : à remplir avec lucidité et sans complaisance.

Le passage par ces 4 étapes permet d’arriver à la QG : “Et si…” : La grosse question —> “l’éléphant dans la pièce”.

Rentrez dans la méthodo que l’on vous propose, même si elle peut paraitre laborieuse. Vous ne prenez pas de risque, au pire ça marche.” Magali E.
“A ce stade c’est un peu vertigineux car la question est immense et la solution, on ne l’a pas.” Céline C.

🗺️ Support feuille de route à télécharger pour les camps de base des 14 et 15/02

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Avant de partir en camp de base, les participants ont eu le débrief de la journée capté par Morgan, avec la touche d’humour qu’on lui connait !

Jour 3 - Trouver les leviers vers un nouveau cap

Journée du mercredi 15 janvier 2024

Pour cette 3e journée, les participants ont démarré par une conférence d’Alexandre Monnin sur le renoncement et les attachements, l’occasion de réfléchir pour chaque organisation à quelle est sa “neige” et son “mal de dos”, au service de sa question générative et pour éclairer ses renoncements.

Ensuite Yannick Saleman est venu présenter les travaux Shift Project sur la transformation des métiers et des compétences au service de la transition, tandis que Émeric Fortin a présenté les 5 compétences de la transition écologique.

Les participants sont ensuite partis en camp de base pour écrire leur cap à 10 ans, avant de se retrouver en plénière, où certains d’entre eux sont montés sur scène pour présenter leur question générative.

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“Dans la vie il n’y a pas de solution, il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.” Antoine de Saint Exupéry.

La journée, croquée par Morgan Marzin, notre facilitateur graphique.

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🎤 Conférence : “Renoncement et redirection écologique”, par Alexandre Monnin, philosophe et enseignant en redirection écologique

Alexandre Monnin a défini la redirection écologique comme une réorganisation de nos modes de vie dans les limites planétaires, tenant compte de l’existant et en opérant des bifurcations nécessaires.

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Il a partagé quelques exemples de renoncements ou redirection qui, s’ils sont anticipés, sont plus faciles à mener :

  • Les stations de ski (ex : Métabief) diversifient face à la raréfaction de la neige.
  • La ville de Fayence qui décide de ne plus autoriser de projets de construction neufs pendant 5 ans pour des raisons climatiques.
  • Aux Pays-Bas, une réduction drastique des cheptels a entraîné des tensions politiques faute d’anticipation.

Selon lui, une transition réussie exige des choix combinant sobriété, efficience et parfois renoncement, guidés par trois critères :

  1. Démocratique vs autoritaire : rendre les décisions inclusives.
  2. Anticipés vs réalisés au dernier moment : agir tôt pour préserver des options.
  3. Non brutaux, c’est-à-dire qui tient compte des attachements : considérer ce qui lie les individus à des activités ou lieux, pour éviter des ruptures brutales et faciliter des ré-attachements.

Les attachements influencent l’acceptation des changements. Il peuvent être directs / indirects - conscients / inconscients - volontaires / involontaires.

Exemple des patinoires auxquelles les habitants sont attachés même sans en être usagers.

Il a également pris l’exemple des jardiniers à qui l’on demande d’adopter des pratiques écologiques (moins de désherbant, d’arrosage, renaturer…). Ils ont déjà mal au dos et le retrait des pesticides accroit cette peur. Si on n’implique pas les jardiniers et qu’on ne prend pas en compte leur mal de dos, c’est inaudible pour eux.

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Co-enquêter sur la nature de ces attachements (mais aussi désattachements, réattachements) permet de proposer des transitions adaptées et justes.

Identifier les « maux de dos » – symboles des résistances – est essentiel pour transformer les obstacles en leviers. Et vous quelle est votre neige ? Quel est votre mal de dos ?

👉 Lien vers la présentation

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📚 Etude BPI 2024 : “68 % des dirigeants de PME et ETI ne considèrent pas l’adaptation au changement climatique comme un enjeu majeur”

📚 Sur le cas de la station de ski de Metabief : Le Passeur, Olivier Erard

📚 Politiser le renoncement - Alexandre Monnin

🎧 Podcast "À quoi renoncer ? Penser notre héritage"

🎤 Conférence : “Vers des économies régionales bas carbone - une expérimentation en Bretagne”, par Yannick Saleman, chef de projet Emploi et Politiques industrielles au Shift Project

Yannick a exposé les enjeux de la transition énergétique, marquée par la fin annoncée des énergies fossiles et la nécessité de repenser l’économie de manière systémique. Selon lui, la France, avec 2/3 de sa consommation énergétique issue des fossiles, doit impérativement se réorienter, mais cela ne se fera pas sans contraintes.

Il a détaillé les défis à relever : d’une part la transition vers les biocarburants et l’électrification, qui nécessitent des ressources limitées, comme les métaux rares. D’autre part, la nécessité de repenser les usages de l’énergie, avec des choix clairs et structurés entre les différents secteurs (mobilité, production, logement, etc.).

Dans le cadre du Plan de Transformation de l’Economie Française (PTEF), il a présenté des solutions adaptées à la Bretagne, comme l’utilisation de véhicules légers intermédiaires pour la mobilité quotidienne, tout en rappelant que réduire l’usage de la voiture reste incontournable pour atteindre les objectifs de décarbonation.

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Enfin, il a insisté sur l’importance d’une gouvernance collective pour réussir cette transition. Selon lui, les acteurs régionaux doivent travailler ensemble pour définir des solutions adaptées, tout en anticipant les besoins de formation et les impacts sociaux de cette transition. La réussite réside dans la capacité à collaborer, à gérer les flux de manière concertée et à anticiper les tensions pour éviter des crises futures.

👉 Lien vers la présentation

👉 Lien vers le replay ⚠️ Usage réservé aux participants CEC : ne pas diffuser ni publier

📚 Plan de Transformation de l’Economie Française (PTEF) Bretagne

📚 PTEF par secteur

🎤 Conférence : “Transition socio-écologique : une approche par les compétences”, par Émeric Fortin, directeur de la transformation socio-écologique à l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées

Pour adresser la complexité de la transition socio-écologique il nous faudrait être experts d’une infinité de sujets, ce qui est impossible et qui rendrait extrêmement complexe le pilotage. C’est pourquoi un certain nombre de référentiels proposent une approche compétences qui implique une obligation de moyens plutôt que de résultat :

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Il ne s’agit pas de dire où on va aller, mais comment on va y aller.

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Pour cela ces référentiels convergent autour de 5 prismes au travers desquels passer ses projets pour évaluer leur faisabilité et durabilité :

  1. Systémique et interfaces : prendre en compte la multi-dimensionnalité des problèmes et se concentrer sur les besoins auxquels je dois répondre (cf. économie de la fonctionnalité). Ex : proposer des batteries externes à installer directement sur les véhicules disponibles aux bornes de péage et à redéposer à la suivante, plutôt que d’envisager des installations fixes coûteuses en investissement et en énergie (bornes de recharge tous les x kilomètres sur les autoroutes).
  2. Co-construction : c’est avant tout une question de posture : favoriser le dialogue, l’humilité pour s’entourer d’expertises plurielles qui répondront à la multi-dimensionnalité du projet.
  3. Long-terme et robustesse : travailler sur les prévisions et prospective. On crée de la résilience en étudiant les possibles avec pour objectif de travailler sur les stratégies qui font sens dans les différents futurs afin de déterminer sur lesquelles je travaille.
  4. Mettre en œuvre les transitions : partir du réel, définir les étapes, observer les évolutions, ajuster, évaluer. Prendre en compte des indicateurs ajustés aux objectifs.
  5. Ethique : comment agir en professionnel et citoyen responsable ? Expliciter son système de valeur + Savoir gérer les conflits + Définir sa sphère de responsabilité.

On évolue dans un monde caractérisé par la complexité, l’incomplétude, les controverses, l’ambivalence, l’irréversibilité, l’interdépendance, les incertitudes, la défiance. Pour bien l’appréhender il faut capitaliser sur des choses qu’on fait bien (modélisation, analyse), mais aussi mettre en place des choses nouvelles : efficacité vs robustesse ; mettre au cœur de ses objectifs la sobriété ; co-construction…

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Et comment remettre du sensible et du vivant dans les écoles d’ingé ? Déjà en prenant conscience que c’est un problème qu’il n’y en ait pas !

👉 Lien vers la présentation

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📚 Guide des compétences développement durables

🎤 Clôture en plénière

Comme si nous étions à la fin d’une résidence d’artistes, Solen a invité des participants à prendre la parole pour partager leurs expériences de coopération, leurs défis, cap à 10 ans ou question générative. Un temps riche en inspirations !

Tandis que Sandy Guégan de Green Stones est venu partager comment il a déjà commencé à nouer des coopérations prometteuses avec 3 entreprises du camp de base, Stéphane et Stéphanie de l’éco-domaine La Fontaine nous ont partagé avec émotion leur question générative qui remet en profondeur leur activité.

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Enfin, Cédric Le Masne nous a raconté avec Jean-Bernard son cheminement pendant cette 2e session.

Hier j’étais en mode la guerre des boutons : “Si j’aurais su j’aurais pas venu” J’avais une super idée : exploiter les bâtiments existants en utilisant la verticalité. Mon CoFa m’a challengé en me disant que mon impact ne serait pas positif mais nul.
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RDV à Vannes pour la session 3 !

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📣 Vos réactions sur les réseaux

Albin-Dorian JULIARD on LinkedIn: #croissancedurable #jourdedépassement #leadershipresponsable…

🌍 Un jour 2 qui m’a challengé 🌍 Retour sur la 2ᵉ session de la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat) à Nantes, j’ai vécu une remise en question…

Albin-Dorian JULIARD on LinkedIn: #croissancedurable #jourdedépassement #leadershipresponsable…
Sabrina Millien on LinkedIn: Nouveau cap régénératif : comment nous pouvons construire un modèle…

Nouveau cap régénératif : comment nous pouvons construire un modèle d’entreprise qui respecte les limites planétaires ? C’était le sujet de la 2ème session…

Sabrina Millien on LinkedIn: Nouveau cap régénératif : comment nous pouvons construire un modèle…
Typhaine FOX 🌱 on LinkedIn: #transitionécologique #eizhy #régénérerplutôtquebricoler #impactpositif…

🔥 𝗣𝗿𝗲̂𝘁𝘀 𝗮̀ 𝗯𝗼𝘂𝗴𝗲𝗿 (𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁) ? 𝗣𝗮𝘀 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻, 𝗺𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲𝗻𝗮𝗻𝘁 ! 🌍 Merci à la CEC (Convention des Entreprises pour le Climat)…

Typhaine FOX 🌱 on LinkedIn: #transitionécologique #eizhy #régénérerplutôtquebricoler #impactpositif…

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