Yamina Saheb
Le climat : où en est-on ? ou va-t-on ? qu’est ce que cela implique ? Pourquoi parle-t-on de sobriété ? Qu’est ce que les chiffres ne disent pas ?
Table des matières :
Biographie
Yamina Saheb, directrice du Laboratoire Mondial des Sobriétés, enseignante et chercheure affiliée à Sciences Po (Paris), une des autrices principales du sixième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat consacré à l'atténuation du changement climatique. grande spécialiste des politiques de sobriété et de transition énergétique.
Synthèse de la conférence
Le groupe 3 du GIEC s’attache à l’atténuation du changement climatique, et donc regarde le respect des Accords de Paris, pour lesquels les États ont une obligation de publication des avancées.
L’évolution constatée des températures est déjà de + 1,1 degrés en 2020 et de +1,5 degrés en 2025 : le reste nous appartient. Même si l’objectif de limitation finale à 1,5 degrés est respecté, nous ne reviendrons pas à la planète qu’ont connu nos grands-parents, et les enfants qui naissent aujourd’hui n’ont pas beaucoup de chances d’atteindre l’âge de nos grands-parents.
En France, la loi Climat et Résilience pose cet objectif de neutralité carbone en 2050, mais avec un parti pris qui pose débat, à savoir un référentiel qui commence dans les années 1990. Depuis l’industrie a été délocalisée et rien n’a changé dans les pratiques et les infrastructures. Un enjeu politique fort est donc la prise en compte de nos responsabilités – la France se place parmi les 20 1ers pays émetteurs de CO2 au monde si l’on considère notre héritage et donc pas seulement nos émissions territoriales actuelles.
Pour être « dans les clous » il va nous falloir beaucoup d’ambition. Si l’on considère le budget carbone comme un gâteau, on a déjà mangé 85%....
La question climat est aussi une question morale, la sobriété est une métamorphose collective à engager. Il ne s’agit pas de considérer une sobriété subie, mais bien de revenir au concept philosophique : la sobriété est et doit être une théorie de justice distributive, afin que chacun ait suffisamment pour vivre. Et de fait, il fait bon vivre en France mais pas pour tout le monde, on observe une forte accentuation des inégalités qui est un enjeu à lui seul. Il est impératif de considérer quels sont les besoins fondamentaux de la population, et de les satisfaire dans leur globalité.
Derrière les politiques de sobriétés se tient cette question de fond : serons-nous des ancêtres ? 🤝Travaillons ensemble à laisser un héritage, notre planète.
Facilitation Graphique
Merci Stéphanie Dubois pour la facilitation graphique
Ressources de l’intervenant
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