Caroline Chambat
L’enjeu de l’eau est résolument local et chaque entreprise a les leviers d’action directe, en utilisant la méthode RISED et en mettant le Vivant au coeur de la restauration des petits cycles de l’eau
Table des matières :
- Biographie
- Synthèse de l’intervention
- D’abord des constats.
- Quelles solutions et quels leviers ?
- Ressources de l’intervenant
Biographie
Caroline Chambat est ingénieure dans le domaine de l'hydrogéologie et de l'aménagement des eaux et exerce aujourd’hui une activité de conseil via la structure Yaka.
Caroline a été contributrice du 1er parcours CEC Territoire Hauts-de-France et elle est membre de l’association PURE :
Synthèse de l’intervention
D’abord des constats.
“Nous sommes faits d’eau à 70%, l’eau nous constitue et nous rassemble”.
Les cycles de l’eau sont modulés par le Vivant, un arbre passe sa vie à retenir l’eau, nous, et plus de la moitié de l’eau qui tombe sur les continents dépend de la végétation. Les cycles de l’eau appris à l’école sont partiellement vrais
L’eau est un sujet de territoire : la France est divisée en 6 bassins hydrographiques, et pour les Hauts-de-France il s’agit du bassin d’Artois Picardie (plus petit que les autres) : c’est ce bassin qui constitue une échelle d’action pertinente
Ce bassin d’Artois-Picardie est lui-même constitué de 66 bassins versants, où les entreprises de la CEC Territoire Hauts-de-France peuvent facilement se situer.
Quels constats spécifiques pouvons-nous faire sur notre territoire ? Les 7 spécificités de notre territoire :
- Pluviométrie fréquente et fine (800 mm/an)
- Cours d’eau à faible débit et relief limité
- Façade littorale de 273 km
- Les rivières au sud-ouest du bassin se jettent dans la Manche tandis que celles au nord-est rejoignent la Belgique puis la Mer du Nord (Escaut, Sambre…)
- Partie Nord très canalisée : Polder et wateringues
- Des zones humides d’importance internationale : marais audomarois, marais et tourbières des vallées de Somme et de l’Avre, baie de Somme, zones humides de la vallée de la Scarpe et de l’Escaut. Le marais de la Slack constitue, par ailleurs, une halte migratoire pour les oiseaux. Des zones humides plus ordinaires dont les superficies sont faibles par rapport à la moyenne nationale.
- Nappe de la craie : principale ressource en eau : La nappe de la Craie produit 70% de notre eau : il s’agit d’une nappe de surface, productive, très sollicitée et donc vulnérable
- 2/3 des prélèvements sont pour l’eau potable mais on observe une tension grandissante sur les usages (territoire dense)
Des eaux de qualité médiocre et sous tensions quantitatives
- L’eau de pluie est quasi pure, potable, le problème ce sont les sols pollués : l’état chimique des eaux souterraines et des rivières est désastreux (nos cours d’eaux sont parmi les plus contaminés de France) et se traduit par un coût de traitement de plus en plus élevé
- Nous connaissons un sujet préoccupant avec la disparition des zones humides
- Nous vivons un dérèglement du cycle de l’eau avec une alternance de sécheresses et d’inondations / submersions qui se traduit par une forte érosion des sols
- Ce que nous faisons peut bénéficier à la Belgique et aux Pays Bas en aval de nos cours d’eau
Quelles solutions et quels leviers ?
Principe des 7 générations : “ce que nous allons faire aujourd’hui va impacter les 7 générations à venir”.
L’eau est un sujet local, c’est un sujet de ville et de collectivité : une 1ère étape est de bien connaitre son bassin hydrographique.
En fonction des aménagements on peut hydrater et régénérer un sol, un territoire avec la Méthode RISED : Ralentir / Infiltrer / Stocker / Evapotranspirer / Diversifier.
Entre autres :
- Réfléchir aux aménagements (haies, arbres, cultures) qui suivent les lignes de niveaux, c’est du design pour ralentir l’eau
- Désimperméabiliser
- Stocker dans des cuves mais aussi dans le paysage
- Avoir des arbres pour fraicheur et faire baisser la température
- Méthode appliquée à l’entreprise : quelle que soit la surface on a un bâtiment > on peut réfléchir aux ressources et aux usages, penser à des cuves d’eau, un traitement naturel des eaux, des arbres de pluie, de la phytoremédiation….
“L’eau nécessite un vrai sujet de dialogue sur les usages”.
Ressources de l’intervenant
Recommandées ou produites par l’intervenant
