Christian Bruere
Découverte du modèle économique de l’Economie de la Fonctionnalité et de la Coopération et de la pérennité programmée
Table des matières :
- Biographie
- Synthèse de l’intervention
- Les 4 piliers de la pérennité programmée circulaire :
- Ressources de l’intervenant
Biographie
Christian Bruere, entrepreneur, auteur et conférencier, travaille depuis plus de 10 ans sur la Pérennité Programmée Circulaire. Il a co-fondé Mob-ion, constructeur du scooter électrique moins cher que ses concurrents asiatiques car il est intégralement circulaire, co-président de l'association pour la PPC, auteur du livre Façonner une industrie circulaire robuste, auteur du cours Sator sur la Pérennité Programmée Circulaire et pilote d'un GIE en partenariat avec la DGE, l’ADEME et la CCI pour repenser les normes comptables afin qu'elles soient adaptées à l’économie servicielle. Son approche systémique vise à rendre les entreprises et les collectivités souveraines, pérennes et vertueuses.
Le travail en cours avec le GIE (DGE, ADEME, CCI, juristes et experts-comptables) pour faire évoluer la comptabilité, aujourd’hui adaptée à l’économie linéaire, vers un modèle qui reflète la réalité des ressources limitées et coûteuses.
Des exemples concrets, dont Mob-ion, ACCENTA, TextiFloor, Michelin TAAS, Philips LAAS, pour illustrer comment ces modèles permettent de gagner en compétitivité et de financer des actifs long terme.
Synthèse de l’intervention
EFC (Economie de la Fonctionnalité et de la Coopération) devrait être nommé ECF : Coopération avant la fonctionnalité. C’est quoi ? Un changement de paradigme radical suite à l’évidence/prise de conscience que les ressources de ce monde sont finies.
Le constat :
- 90% des matières 1ères sont importées (aluminium matière critique depuis 2022)
- Production en cuivre n’arrive pas à suivre la demande depuis récemment
→ il faut abandonner l’industrie linéaire → se rendre compte de la dépendance à nos fournisseurs (qui par ailleurs peuvent être des ennemis militaires) → L’industrie c’est des métaux (rares) et on peut tirer avantage de cet inconvénient en changeant de paradigme
« Tout ce qui exponentiel fini toujours mal »
« Le recyclage n’est pas la solution, c’est une fable »
Comment ? En passant d’une économie de flux financier à une économie de valeur (et non plus de revenu)
Les 4 piliers de la pérennité programmée circulaire :
- conception modulaire et démontable = Design for disassembly = eco-conception (l’expression anglaise est + complète que la française)
- vente à l’usage,
- supply chain circulaire locale,
- et comptabilité et financement par composant.
Exemple d’un modèle symbiotique (= systémique) : Mob-ion : constructeur à pérennité programmée
- Usine dans l’Aisne achetée en 2022 – usine partagée
- Mob-ion amortit les composants du scooter et non pas le scooter en soit dans le cadre de l’offre de location
- Slogan publicitaire « C’est parce que les scooters électriques sont durables qu’ils sont moins chers »
- Pour réindustrialiser, il n’y pas bcp de main d’œuvre donc on se tourne vers l’économie ESS de la réinsertion
- Convention d’Usage à engagement réciproques (performance d‘usage) :
- les matières 1ères les moins chères ce sont celles qu’on n’achète pas (car c’est le vendeur de l’usage qui est responsable de la réparation/maintenance) => intérêt économique et de durabilité.
- 13 produits actuellement sont commercialisés sur le principe de l’usage et ils ont un indicateur de réparabilité volontaire (pas d’indice de réparabilité)
En pratique :
- Supervision à distance : Les véhicules sont suivis par numéros de série. Pas de vol, car on peut couper le scooter à distance et aussi pas de marché d’occasion.
- Design to re-purpose pour faire des économies financières sur le long terme : - Batterie non termo régulée (réduit le cout de la batterie) conception prévue pour une seconde vie (design to repurpose) - En investissant pour surdimensionner on économise en maintenance => TCO – Total Cost Optimization = Design to last vs. Design to cost. Les durées de vie des composantes ne sont pas les mêmes => amène une autre réflexion qu’en économie classique exemple : Composantes scooter noir et foncés ont été remplacés par couleurs claires en raison de la chaleur = > capable d’adapter les composantes rapidement Une diversification sur d’autres modèles est prévue : prise en compte du TCO sur le long terme (20-30 ans)
La rentabilité :
- Exemple d’un moteur conçu pour l’industrie circulaire : plus cher au départ de 40% – pas compétitif pour le vendre. Mais compétitif pour vendre l’usage sur le long terme. => 95% de rendement et pas de risque de rupture technologique.
- Marge mutlipliée par 5 chez Mob-ion => modèle très rentable mais nécessite des financements à long terme.
- Structure juridique : une holding qui aligne les intérêts financiers et en-dessous plusieurs sociétés.
- Evolution technologique ne va pas très vite : évolution nomenclature de scooters, machines à laver, etc. évolue de moins de 1% par an => l’évolution technologique est ralentie par les limites physiques (ex : calcul, thermique, stockage, transmission).
Capitaliser sur la valeur plutôt que le revenu
Q&A :
Home cycling : vente à l’usage de l’électroménager ne marche pas. Le principe ? au bout de 5 ans on reprend et on remplace par des nouveaux. => Problème : ne marche pas car le cout d’achat neuf est abordable pour les foyers.
Travail en cours sur le changement des normes de l’économie servicielle : de grands Groupes comme SNCF par exemple ont du mal à se financer malgré les grands profits à cause du système comptable.
Avec l’amortissement comptable : après 40 ans le rail ne vaut plus rien du point de vue de la comptabilité financière, alors qu’en fait les métaux sont éternels et ont une grande valeur). => Il est important de remettre ces métaux dans le bilan des entreprises car les rails peuvent encore servir à d’autres usages. Et en plus ceci baissera le prix du billet pour les clients !
Ressources de l’intervenant
Recommandées ou produites par l’intervenant
Alain Fercoq, ChristianBruere, Maxene Denu

