Luc Abbadie
Biodiversité, l’autre enjeu vital : ressources et contraintes Qu’est ce que la biodiversité veut dire ? Quelle est l’ampleur de la crise ? Quelles pressions la mettent à mal ? En perdant de la biodiversité, que perdons-nous ?
Table des matières :
Biographie
Luc Abbadie, est professeur émérite à Sorbonne Université où il a enseigné l’écologie générale, l’écologie fonctionnelle et la biogéochimie. Il a créé et géré plusieurs formations de niveau licence et master à caractère pluridisciplinaire. Il a conduit des travaux de recherche sur les cycles du carbone et de l’azote et sur le fonctionnement des sols et des écosystèmes, dans la zone tropicale comme dans la zone tempérée. Il a lancé de nombreux travaux interdisciplinaires dans le domaine de l’environnement et des applications de l’écologie pour la gestion durable de la biodiversité, des ressources naturelles et des écosystèmes (ingénierie écologique) et a piloté un ensemble de recherches en écologie urbaine. Il a été directeur scientifique adjoint de l’Institut écologie et environnement du CNRS, président du conseil scientifique du Museum National d’histoire Naturelle, vice-président du conseil scientifique de l’Office français de la biodiversité et Directeur de l’Institut de la transition environnementale de Sorbonne Université. Il est actuellement membre du bureau de France Nature Environnement Ïle de France.
Synthèse de l’intervention
Luc Abbadie rappelle que la biodiversité désigne la variabilité du vivant, à plusieurs niveaux : espèces, écosystèmes, complexes écologiques. La biodiversité fonctionne comme un système dynamique : toute modification entraîne des effets en cascade.
Trois notions clés structurent cette dynamique :
- hétérogénéité spatiale (source de résilience)
- hétérogénéité temporelle (retours en arrière souvent impossibles)
- corrélation entre diversité végétale et animale.
L’érosion actuelle est incontestable. Un chiffre : -44% des oiseaux en 30 ans
Elle se lit d’abord sous un angle utilitariste : perte de productivité, de stabilité écologique, de résistance aux perturbations, de services écosystémiques.
Luc Abbadie insiste aussi sur la valeur intrinsèque du vivant : chaque espèce est un patrimoine irremplaçable, et sa disparition est une perte en soi.
Les causes majeures de l’érosion sont :
- l’ Usage des sols (artificialisation, fragmentation)
- la Surexploitation des milieux,
- le Changement climatique, trop rapide pour l’adaptation biologique,
- les Espèces invasives et
- la Pollution sous toutes ses formes.
Les solutions reposent sur plusieurs leviers :
- protéger les surfaces menacées (zones de conservation)
- faire évoluer les pratiques (diversification des cultures, mélange de variétés, gestion forestière adaptée).
L’enjeu : restaurer la capacité du vivant à encaisser les perturbations et maintenir des conditions d’habitabilité durables.
Bonne nouvelle : dès que la pression diminue, les milieux réagissent vite , preuve de leur capacité de régénération.
Mais il faut réagir vite : si nous atteignons +3°C en France à horizon 2100 nous aurons perdu – irréversiblement - un quart des espèces vivantes.
Facilitation Graphique
Merci Stéphanie Dubois pour la facilitation graphique
Ressources de l’intervenant
Recommandées ou produites par l’intervenant

