LE RÉSUMÉ
⛵ Cette session de rentrée s’est déroulée à la maison de quartier de Planoise sous le signe du partage et de l’exploration.
👓 L’exploration de nouvelles façons de mesurer la performance d’une entreprise, pour réussir à valoriser ce qui compte vraiment, et à se créer un CAP solide pour les transformations à venir.
Lien vers le dossier photos (public) : https://drive.google.com/drive/folders/1MWsdqvedWRGsdNEwYy9Qq8wwYAn8bCX5?usp=drive_link
Crédits photos : voir le nom des photos, si c’est Adrien: @Adrien Touzot, 2025 (photographe) // Instagram : @zefrenchbackpacker
Crédit facilitation graphique : Lelio Lemoine
LE DÉTAIL DES JOURNÉES
Mercredi 17 Septembre 2025
🪃 La journée a débuté dans la joie de se retrouver et avec beaucoup de motivations. Elle s’est poursuivie par l’approche de la notion “d’objectifs” à poser pour amorcer le remplissage des feuilles de route. Puis la journée s’est finie par une expérience culinaire originale qui nous a transportée en 2050.
👣 Visite de l’éco-quartier
Par Lorine Gagliolo, Vice-Présidente en charge de : Développement durable, énergie, environnement pour la ville de Besançon
Découvrez comment Planoise, l’un des principaux Quartiers Politiques de la Ville (QPV) de Besançon, se réinvente avec ses habitants !
Isolation des bâtiments, rénovation des équipements publics, exemplarité environnementale, dés-intensification par la démolition de barres d’immeubles, re-qualification des espaces publics, soutien du tissu associatif : autant d’actions possibles grâce à l’engagement des partenaires du projet (État, Métropole, Ville, bailleurs sociaux) et des associations locales.
Loin de la caricature du “quartier sensible”, vous pourrez apprécier le renouveau urbain en cours, l'attention à la biodiversité et le dialogue entre espaces de nature et œuvres de street art qui animent les façades des immeubles.
Comme l’Homme qui plantait des arbres, il faut planter inlassablement et changer les déserts en forêts.
Construit dans les année 70, ce quartier de Besançon est composé à 60% de logements sociaux et compte aujourd’hui 20.000 habitants. La Planoise est en pleine mutation au travers d’un plan impliquant la métropole, la région, l’État ainsi que les bailleurs privés. Le coût est de 180 millions d’Euros sur 10 ans.
Plutôt que de subir les violences et le deal de drogue, l’objectif de ce plan est de moderniser le quartier pour que des habitants aient envie d’y venir et de l’habiter plutôt que de le subir. Grâce a son accessibilité, ses transports en commun, ses espaces verts, il fallait mettre en avant les atouts de la Planoise, masqués par la vétusté générale du quartier.
Le plan comprend entre autres la rénovation d’un partie de l’habitat (isolation), la destruction d’une autre partie, l’agrandissement du gymnase, la végétalisation (arbres fruitiers) et la DEBETONISATION (exemple de la cours d’école) ; la création d’un tiers lieu dédié au numérique, avec pépinière et hôtel d’entreprises, fablab etc.
Implication des habitants dans les choix de réalisations futures, Apport d’une vie différente dans le quartier, exemple de la mise à dispo du site d’une ancienne barre d’immeuble pour l’établissement pérenne d’une compagnie locale de cirque équestre.
➡️ Points forts :
Une vraie volonté de faire évoluer les lieux de vie, partagée entre les acteurs.
✅ Conclusion :
Si la réhabilitation de tels quartiers prendra certainement du temps, les moyens sont mis en œuvre et une trajectoire est tracée avec des objectifs mesurables pour une continuité du plan si les effets sont positifs.
📚 Sources : échanges directes avec Lorine Gagliolo
🎤 Plénière d’ouverture
Par Brieux, Nils, Anne-France / Récit FG de la S3 : Lelio
“Ce qui compte ne peut pas toujours être compté, et ce qui peut être compté ne compte pas forcément.” Albert Einstein
Nous sommes accueillis par Philippe Renou, directeur de la maison de quartier de Planoise. Remerciement à Laurine et Geoffrey, participants représentants du Grand Besançon Métropole pour l’organisation de cette session.
Brieux nous rappelle que nous sommes à la moitié du parcours ! Les intentions de la S4 sont les suivants:
- Créer de la valeur sociale et environnementale (le but)
- réinventer sa performance (1) : introduire la notion de robustesse
- et la mesurer (2) : compter ce qui compte vraiment, comment “mesurer” la dimension régenérative de ce que je fais?
“L'homme ne peut découvrir de nouveaux océans sans avoir le courage de perdre de vue le rivage.” André Gide
N’oubliez pas que nous ne sommes pas le seul bateau sur l’océan des combats à mener! Nous sommes de plus en plus d’entreprises volontaires, infos dispo sur le site de la CEC, podcast etc. Quand le brouillard arrive, il nous faut une boussole pour garder le cap. Cette session va vous faire concrétiser cette boussole.
📚 Sources :
🔢 Conférence échanges #1 | Vous avez dit Performance ?
Par Matthieu Astic, Responsable mission RSE et comptabilité écologique CARE (ex compta-durable) Endrix (Ex Groupe SFC)
Quelle comptabilité environnementale pour revenir dans le doughnut ?
🧮 Depuis la nuit des temps, ce qui a poussé la structuration de nos sociétés sont les systèmes comptables (compter les troupeaux, les distances etc), ex du Quipu, utilisés par l'administration Inca pour le recensement des données statistiques concernant l'économie et la société.
La notion de création de valeur arrive par les échanges: vendre de la laine de mouton permet de vendre des pelotes qui permet de vendre des pulls. Au 15eme siècle, la comptabilité se modernise et invente la partie double; au 19eme l’amortissement et de la notion d’usure. On comprend aisément que la comptabilité sert à être comptable de ses actes, à prendre en compte, à rendre compte, et donc donner du sens aux nombres.
🐑 Cela nous amène à la notion de capital au sens comptable. Ce capital, c’est la redevabilité de l’entreprise à ses actionnaires. Dès lors qu’une entreprise inclue des biens naturels dans ce qu’elle va vendre, pourquoi ne pas inclure l’Environnement comme l’un de ces actionnaires ? En appliquant ce système de pensée, nous faisons de la Terre, notre actionnaire. C’est la seule logique pour rester dans le donut.
✍️ Et pour rester dans ces limites, il faut inscrire dans notre boussole les valeurs que l’on va mettre dans notre entreprise par rapports à nos besoins et rien de plus.
C’était l’ambition du Pacte Vert proposé en 2019 par l’Europe et sa présidente Mme Van Der Leyen. Ce plan qui devait faire de l'Europe le premier continent climatiquement neutre, portait sur : l'économie circulaire, la rénovation des bâtiments, la biodiversité, l'agriculture et l'innovation; et intégrait la durabilité dans la comptabilité. Mais depuis les ambitions ont largement été revues à la baisse.
💼 Dans cette logique d’inclusion de l’Environnement dans la comptabilité, des chercheurs d’Agro Paris Tech ont développés une boussole. Adaptées aux entreprises et aux territoires, C’est la Chaire de Comptabilité écologique. Son objectif est de:
- Analyser et assurer un état des lieux des débats en termes de comptabilité écologique.
- Développer et concevoir des modèles et méthodes spécifiques et fédérer des recherches sur certains de ces modèles.
- Mobiliser les recherches de la chaire dans le cadre d’études et transférer les connaissances pour accompagner les acteurs.
🌲 Certains des éléments que l’on y trouve servent de tronc commun et permettent de nous poser certaines questions:
- Double matérialité: impacts financiers ET environnementaux
- Quelle est notre niveau d’ambition?
- Déterminer précisément ce qui compte vraiment pour l’entreprise
- Quel objectif ?
- Cadre financier: est-ce que mon modèle d’affaire me permet d’agir ou non sur mon environnement
- Aller au delà du reporting extra financier et tendre vers le Reporting comptable intégré
On intègre les capitaux humains, naturels et financiers dans toute la stratégie de l’entreprise. C’est l’approche en comptabilité intégrée C.A.R.E (Comprehensive Accounting in Respect of Ecology).
Exemple de Norsys : “La perma-entreprise vise à obtenir une production efficace, utile aux humains, sans nuire à la planète, en faisant un usage sobre voire régénératif des ressources et en partageant équitablement les richesses.”
Rappelons nous que le profit est le surplus après préservation de tous les capitaux :
Pour le suivi de projet, les étapes sont les suivantes:
- IDENTIFIER VOS ENJEUX MATÉRIELS (capitaux naturels et humains)
- IDENTIFIER VOS OBJECTIFS ET INDICATEURS (bon état écologique des capitaux)
- PRODUCTION DU/DES PLAN D’ACTIONS CHIFFRÉES
- INTÉGRER LE PLAN D’ACTION dans le pilotage et analyser la performance
À chaque étape, partager les avancées au travers de résultats mesurables (comptables ou non) et de tableaux de bords simples.
Pour les Collectivités, comment permettre la bonne gestion des écosystèmes?
La temporalité est souvent différente entre une administration et une entreprise.
- Identifier et suivre les bons états écologiques.
- Objectiver les pressions et les responsabilités de chacun.
- Évaluer les contributions de chacun (de diverses natures) à la préservation / restauration de l’écosystème
- Permettre une répartition équitable des efforts, des coûts, des ressources permettant de garantir la cogestion de l’écosystème sur le LT.
Comment passer à l’action ?
➡️ Points forts :
- Réinventer sa performance et la mesurer pour créer de la valeur sociale et environnementale
- Poser le cadre réglementaire, les changements à venir et les nouveaux modèles de mesure de la performance inclus les indicateurs.
✅ Conclusion :
- Structurez vos données de durabilité sur des bases scientifiques… et choisissez les bons indicateurs et cibles …
- … pour définir des plans d’actions permettant le respect des limites planétaires et sociales …
- … et pour penser leurs intégrations comptables afin de parler un langage commun !
- Offrant la possibilité d’être valorisés et soutenus !
📚 Sources :
💻 Présentation :
🎥 Replay : https://youtu.be/Txo1SOd367k
🐄 Témoignage | Nicolas Chabanne - C'est qui le patron?
Par Nicolas Chabanne, Entrepreneur, créateur de “C’est qui le patron ?”
Nicolas Chabanne a commencé par nous présenter la raison d’être de la marque :
Le soutien des producteurs et productrices
- Via une rémunération juste et durable
- Via la reconnaissance de leur travail
- Via l’évolution des pratiques agricoles
“C’est Qui Le Patron” n’est pas forcement la marque la plus connue mais c’est la brique de lait la plus vendue de France, 120 millions de produits vendus par an.
Si la marque CQLP est désormais de plus en plus implantée et connue, il n’en a pas toujours été de même.
“Ces produits sont là parce qu’ils sont solidaires.”
Tout est né il y a 9 ans, d’une coopérative de consommateurs appelés les Gueules Cassées. Il s’agissait d’éviter aux fruits et légumes abimés ou simplement non standards, de finir à la poubelle. Cela représentait plus de 17 millions de tonnes par an.
🗨️ Lors d’un échange avec le ministère de l’agriculture, Mr Chabanne cherche à savoir combien il manquerait par brique de lait pour qu’un producteur laitiers vive décemment de son métier? Mais personne ne sait… Après calculs, le résultat est édifiant: Il manquerai 8 centimes par litre. Soit par habitant et par an:
50 Litres * 0.08€ = 4€.
💫 La réussite de la marque réside dans son extrême transparence. Même les détails comptables sont montrés à Thierry Cotillard patron des Mousquetaires pour les aider à faire autant.
Chaque nouveau produit est passé au crible par le quorum des consommateurs coopérants. Le cahier des charges à définir est également détaillé, élément par éléments pour prendre en compte les surcouts éventuels (Bio, non OGM, au foin, etc..)
Puis les besoins minimum des producteurs sont présentés et le prix de vente acceptable est débattu puis validé par ces consommateurs coopérants.
🚜 Les agriculteurs le disent eux même: cela change leur vie.
Les 80 familles initiales qui perdaient 180€ /jour sont en mesure, aujourd’hui, d’investir dans la création d’une unité de transformation de soja français !
🌏 Quelle stratégie pour l’avenir ?
Aujourd’hui 22 produits laitiers et non-laitiers font partis de la gamme, les fruits et légumes s’y développent de plus en plus. Mais l’ambition est grandissante et va désormais aller au delà:
Après 9 ans de CQLP, des partenariats avec d’autres entreprises vont être mis en place. Ces “Entreprises du Partage” reposeront sur:
- La transparence de l’entreprise.
- 55% des bénéfices doivent aller vers le bien commun.
- Démontrer aux consommateurs que l’argent paye bien les salariés.
- Idéalement, il faudrait que la vente de l’entreprise soit possible sous des clauses contraignantes. Comme pour CQLP et la création d’une fondation. Mais cela est un stade ultime et pas immédiatement adaptable à toute les initiatives ?
➡️ Points forts : La transparence est la mère de toutes les autres initiatives. Et la plus forte.
✅ Conclusion : Être profitable et partager ce profit à tout les acteurs : producteurs, transformateurs, transporteurs, distributeurs et consommateur, c’est possible !
📚 Sources :
🍂 Témoignage | Emmanuel Druon - Pocheco
Par Emmanuel Druon
📩 Fabricant d'enveloppes et de pochettes écologiques depuis 1928
Alors que l’entreprise existe depuis plus de 80 ans, Emmanuel Druon reprend l'entreprise familiale en 1997 avec l’ambition d’en faire un modèle de «développement durable».
🌳 Consommant du papier et donc du bois, il a cherché d’abord à compenser et inscrivent la Terre comme partie prenante dans les relations avec l’entreprise. 1 arbre coupé = 10 plantés avec respect du milieu naturel, des sols et dans la diversité.
Il suppriment les solvants des process et récupèrent les eaux de pluies, posent des panneaux solaires fabriqués en Europe. Grâce à cela et à l’optimisation des process, ils arrivent à être à coûts ISO par rapport à avant et suppriment petit à petit, les couts vis-à-vis de la nature.
🪶 Ils installent même un toit végétalisé et un bardage bois qui sert à l’isolation, mais aussi à la nidification des oiseaux, des chauve souris, des insectes.
🏦 Au total en 15 ans, ce seront 10 millions d’euros qui auront été investis, et surtout 15m€ d’économisé sur les consommations, soit un bénéfice de 5 millions d’euros. En moyenne, c’est 333.000 € de cash.
Mais il y a aussi ce qui n’est pas calculable: la relation Terre a impacté la relation avec les salariés. Ils ont développé une intelligence collective. Comité de pilotage globale de 4 personnes et directement en dessous le reste des personnes. La stimulation intellectuelle des équipes, l’apprentissage permanent, et pas toujours en lien direct avec l’entreprise, tout est mis dans la qualité des relations: plus de 15% du bénéfice est investi dans ces formations. À titre d’exemple, le chef des ventes est devenu permaculteur.
Pocheco, ayant fait preuve du concept, s’ouvrent aussi vers l’extérieur par l’accompagnent de plus de 350 salariés chaque année.
📃 La feuille de route c’est :
- Une question régénérative pour formuler correctement pour la transformer en élan
- Un cap à 10 ans: oser rêver et définir un impact régénératif : sobriété, décarbonation (énergie et de matière), adaptation et régénération
- Leviers de redirection: les voies stratégiques à engager pour aller vers ce cap
- Plans d’actions: des projets pour déclencher les transformations
➡️ Points forts : Entreprise compétitive, bénéficiaire, modèle de développement dans un secteur devenu ultra concurrentiel.
✅ Conclusion : Ils ont fait preuve que la régénération est possible.
📚 Sources : Butterfly fournit les vidéos gracieusement pour la CEC et nous les en remercions chaleureusement. Merci de ne pas les diffuser.
https://axaclimateschool.com/fr/butterfly-school/?force=FR
💻 Présentation :
📝 Départ en Camps de Base
Par les COFA
Le but de ce premier Camp de Base était de prendre le temps de se retrouver en membrane CDB, et de continuer le travail de la feuille de route en détaillant les objectifs d’impacts.
En binôme DG/PC
- Se poser les questions suivantes pour chaque levier :
- Quels sont les effets que je veux générer (en référence au donut) ? = objectif d’impact
- Comment saurons-nous que l’on y est arrivé ? = repères chiffrés/indicateurs (quali/quanti)
En double binômes DG/PC :
40 mn et groupe de 2 binômes alors = 20 mn par binôme
40 mn et groupe de 3 binômes alors = 13 mn par binôme
Un des binômes prend le rôle de “clients” et l’autre le rôle de “consultants”
- le binôme “clients” partage ses leviers, ses objectifs d’impact et ses indicateurs
- le binôme “consultants” pose des questions de clarification
- l’intention profonde de chaque levier est-elle claire ?
- Le binôme “clients” répond aux questions
- le binôme “consultants” propose des réactions ou des bonifications
- comment bonifier le levier pour assurer l’ambition d’impact ?
- y a-t-il des angles morts et comment les intégrer dans les leviers ?
Changement des rôles et on recommence le processus.
📚 Sources :
🍽️ Repas en 2050 | Là Carte - SCOP Carte Blanche
Au restaurant Là Carte par la SCOP Carte Blanche, animé par l’association Le Futur à déjà commencé représentée par Daniel Gilbert, Philippe Binet, Patrick Ferrandiz et le cuisinier
Le repas avait pour but de faire expérimenter aux participant.e.s à quoi pourrait ressembler leurs assiettes d’ici à 2050. Au menu : informations scientifiques, rencontres et questionnements collectifs, mais surtout découvertes gustatives !
Voici le set de table informatif qui ornait les tables :
📚 Sources :
Jeudi 18 Septembre 2025
🧭 Cette journée à permis aux participants d’aller de basculer de la théorie à la pratique. Les Feuilles de Routes commencent à se remplir, inspirées par ce lieu d’échanges et de partages et par les témoignages qui ouvrent des possibles !
L’inverse de la confiance, c’est l’inaction. Diane Dupré La Tour
💫 Plénière d’introduction
Par Brieux Michoud, Délégué Général de l’association CEC BFC et Louis Pinot, responsable du Programme
Après une mise en énergie, Brieux nous annonce le programme de la journée et nous rappelle pourquoi il est important de publier les feuilles de routes :
- Pour l’intérêt général et le bien commun
- Pour ouvrir la voie et proposer des exemples à d’autres entreprises qui suivront ce chemin
- Parce que c’est un outil qui participe à une bascule sociale
- Parce que c’est un outil de cheminement
La CEC c’est des dizaines de partenaires sur lesquels vous pouvez vous appuyer, sur qui vous pouvez compter, rencontrez les !
🥗 Conférence #2 | Robustesse et partage de la valeur
Par Diane Dupré de la Tour, Directrice “Les Petites Cantines” Institut Michel Serre
Témoignage de Diane, co-fondatrice des “Petites Cantines”, des restaurants à Lyon.
Diane commence par nous livrer son histoire personnelle comme point de départ de l’histoire des petites cantines. Décidée a sortir de la relation toxique sous l’emprise de laquelle elle était, son mari décède subitement dans l’accident de voiture qui plongera l’un de ses fils dans le coma. Dans le même temps traversant une crise managériale et malgré l’inconfort de la décision, elle quitte son travail.
Alors qu’elle participe au laboratoire des inconforts (Jorge Ochoa), elle comprend que la société envoie une vision positive du confort et négative de l’inconfort. En pratique le confort limite la capacité de robustesse ou de résilience quand l’inconfort pousse au lien et à la créativité. Exemple: c’est quand le train ne fonctionne plus que le lien entre les passagers se créer.
La perfection ce n’est pas quand il n’y a plus rien à ajouter mais quand il n’y a plus rien à enlever. Saint Exupéry
Ces réflexions lui font comprendre que c’est la qualité des relations qui crée de la valeur dans sa vie. ⇒ ( étude de Harvard sur le bonheur).
Ne sachant pas quoi faire, et se basant sur la force des liens faibles, elle va voir les personnes qui l’inspirent pour échanger et laisser émerger les idées. Les liens faibles permettent de favorisant la diffusion d'informations et l'innovation.
C’est ainsi qu’elle discute avec Etienne Thouvenot et que l’idée germe.
Exercice pour les dirigeants:
- Quand est-ce que le confort coupe mon organisation de sa créativité
- Quels inconforts collectifs ou invisibles nourrissent le confort de mon organisation ? Parfois mon confort est nourri par l’inconfort d’autres personnes …
🗣️ Ils soumettent l’idée à l’entrée du métro pour demander aux gens ce qui, pour eux, pourrait être créateur de liens dans un restaurant ? Des prix libre, une cuisine participative et une cuisine végétarienne. Ces idées semblent folles. Pourtant, si on essaye pas, on ne sait jamais si ca marche.
Alors GO !
Le but du restaurant ne sera pas de créer du profit mais de la valeur sociale.
🍽️ Le premier restaurant à ouvert en 2016. Le travail empirique aura permis de (re)penser chaque chose comme étant créatrice de valeurs sociale :
- 🍴 Plonge : Orientation de l’évier vers les autres plutôt que dos aux autres.
- 🛁 Hygiène : Laver pour que ce soit accueillant, pas seulement pour que ce soit propre.
- 👥 RH : Recruter sur la qualité de réaction face à l’inattendue plutôt que seulement sur les qualifications.
- 💸 Prix : prix libre = capital sympathie fort mais poids sur le client, donc besoin d’être transparent en tant que structure quand les gens passent à la caisse. Aujourd’hui : 60 a 80 % du revenu des petites cantines provient du prix libre. Le restant est payé par la privatisation d’entreprises. Sortir de la relation de dette et rentrer dans la relation de dons. Le rôle du maitre caisse n’est pus d’encaisser mais d’avoir un rôle relationnel. Le convive est invité à verbaliser son expérience, et fait sa transaction après en toute confidentialité.
Quitter l’approche problème → solution pour rentrer vers une approche systémique. La lucrativité doit rester un moyen “au service de”, pas une finalité. Les petites cantines ont plafonné leur développement. Elle a décidé de changer de critère de réussite, de ne pas mettre la croissance au centre du modèle.
“La confiance c’est comme le périné de la société ! Il faut comprendre à quoi elle sert et comment elle fonctionne pour que tout le reste du corps fonctionne et soit à sa place.” Diane Dupre La Tour
Croissance = valeur perçue du profit + Extraction + Risque
Confiance = valeur perçue de la relation + Action + Incertitude (ne se mesure pas )
L’incertitude dépend du niveau d’humilité. 9 fois sur 10, miser sur l’incertitude c’est un pari gagnant, et la fois ou ça ne fonctionne pas, c’est comme l’impôt payé sur la confiance. Diane nous invite à sortir d’un regard appauvrissant de la réalité économique, et de voir la richesse que l’incertitude peut créer.
La culture du don qui est instaurée à différents niveaux des petites cantines peut aussi amener à des problématiques. Notamment au niveau de la sur-implication, Diane nous parle du fait qu’elle va s’attacher à réfléchir à la question des limites. Comment les verbaliser ? Comment montrer les limites du fonctionnement en réseau ?
Les petites cantines c’est limite le GIGN du lien social ! Diane Dupre La Tour
REPENSER SES “LIMITES”:
- La robustesse c’est ne pas être optimal et c’est ok
- La lenteur c’est inhérente à la gouvernance partagée et c’est ok ! Le temps perdu au début est du temps gagné à la fin !
- Accepter l’incertitude est central puisqu’elle est inhérente à des projets qui se basent sur de la confiance mutuelle.
- Accepter l’hétérogénéité des modèles au sein d’un même groupe.
- Accepter l’incohérence, proposer de la viande à certains repas,
- L’erreur doit avoir sa place, puisque chaque chose est une tentative dont on tire des leçons pour s’améliorer
- Accepter les redondances qui peuvent émerger, parce qu’on est pas dans une efficacité absolue.
Pour bien vivre ces “limites”, il faut poser des BASES SOLIDES:
- Rituels pour faire réseau ensemble : pour se connaître, pour se former, pour décider ensemble,
- Avoir un récit commun partagé ⇒ celui d’un espace qui dépasse sa mission
- Indicateurs non pas pour comparer mais pour s’entre-aider notamment l’indice de capacité relationnel (ICR)
- La rigueur est hyper importante dans la création de relations de confiance
- Fonctions support non mais fonctions stratégiques.
➡️ Points forts :
- L’inconfort peut-être un allier pour construire un projet, et non une barrière.
- Il est possible de construire un projet couronné de succès de manière empirique.
- Pour sortir d’un modèle économique délétère il faut baser son projet sur autre chose que la réussite économique volumique et choisir ce qui importe vraiment.
- Placer les relations humaines au centre d’un projet c’est penser un lieu de travail révolutionnaire.
📚 Sources :
https://www.lespetitescantines.org/
🎥 Replay : https://youtu.be/l0Bd8lyVPP8
✒️ CDB #2 - Itération FDR
Par les COFA
Intentions:
- Réitérer sur sa FDR
- Présenter sa FDR et avoir des regards croisés
- Se dire au revoir et décider des prochains petits pas
Livrables:
- Itération sur la FDR en cohérence avec avec les objectifs d’impact mesurables
- Pitch de la FDR
- Date du camp de base intersession (en visio)
- Inscription pour la montée des curseurs
- Présence de chacun à la session 5
- Photo du camp de base
1️⃣ Inclusion
2️⃣ Echange sur la robustesse
Réflexion individuelle préalable (RIP)
- Qu’avez-vous retenu de la conférence sur la robustesse ?
- Quelles pistes d’adaptation de votre FDR cela fait émerger ?
Partage en grand groupe
3️⃣ FDR - Itération
En binôme DG/PC
- Nourri du travail sur les objectifs d’impact en CDB#1 et du concept de la robustesse, bonifier les différents volets de sa FDR
- Questions pour soutenir votre réflexion :
- Comment pensez-vous adapter votre entreprise pour être plus robuste ?
- Quel type de coopération (interne et externe) peut émerger autour de ces questions ? Qui doit être autour de la table pour prévenir / réduire les impacts sur votre entreprise ?
En grand groupe
- Partage des pépites que chacun.e garde de ces tests de robustesse et des évolutions de la feuille de route
4️⃣ FDR - Remplissage du livrable sur Excel
5️⃣ FDR - Pitch et Feedback
Pour chaque binôme
- Temps de pitch de sa FDR affichée dans la salle
- Temps de feedbacks des autres participants
- Les participants peuvent s’aider du radar d’évaluation de la FDR
📚 Sources :
🌿 Présentation de la maison de quartier de Planoise
Par Tanja Nikolov, Lynda Djerbal, Ismar Obradovac et Yassine Hamidouche
🏵️ Quatre associations qui résident à la maison de quartier se sont présentées le midi et leurs représentant.e.s sont restés manger avec les participants.
Tanja NIKOLOV a présenté Miroirs du Monde. C’est une association qui a été créée en 2013 sous le nom de « Miroirs de Femmes-Reflets du Monde », par un groupe de femmes et d’hommes d’âges et d’origines diverses qui se sont donnés comme objectif la promotion du vivre ensemble, des valeurs de dignité, de partage et de respect de l’autre.
Lynda DJERBAL a présenté la CPTS Capacités. C’est la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé CaPaciTéS. Elle regroupe les acteurs de la santé, du social et du médico-social, afin d'offrir une approche globale de la santé, en collaboration avec les habitants du territoire.
Ismar OBRADOVAC a présenté l’Association Pari. Elle associe des professionnels et des bénévoles dont la motivation est de remédier aux inégalités au nom de valeurs humanistes, républicaines et laïques. Le projet se définit en 3 axes : accompagnement à la scolarité, accompagnement des familles et des habitants et ouverture culturelle et citoyenne.
Yassine HAMIDOUCHE a présenté la Fabrique Numérique Besançon. Elle à vocation à réunir les acteurs publics et des acteurs privés impliqués dans le développement de l’écosystème numérique du territoire.
📚 Sources :
💻 Présentations :
🐙 Intervention ARACT
Par Alice Cnockaert, Chargée de mission pour l’Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail BFC
Alice nous a présenté l’Agence Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail BFC (ARACT) qui fait le lien avec l’ANACT (niveau national). Créée il y a 50 ans, l’Anact est un établissement public sous tutelle du Ministère du travail, administré par l’Etat avec les partenaires sociaux, composé d’un siège national à Lyon et de 16 délégations en régions.
Alice a fait le lien entre les problématiques climatiques et celles du milieu du travail. Elle explique, en utilisant le donut de Kate Raworth, qu’outre les limites planétaires qui peuvent avoir un impact sur une organisation professionnelle, le plancher social va concerner directement les enjeux au travail sur diverses thématiques comme la diversité des sexes, éducation, revenus, représentation politique, équité sociale, santé.
Une étude de l’Unedic (04/2023) met en évidence la forte préoccupation écologique des salariés (85%) par rapport à 4 points :
⛰️ La crise écologique bouscule nos vies, y compris notre vie professionnelle
🧭 Une recherche de cohérence entre préoccupations personnelles et vie professionnelle
🪃 Un engagement indispensable des entreprises pour préserver leur attractivité
♻️ Le défi écologique : un enjeu de formation et d’acculturation
📈 L’évolution des conditions de travail est évoquée dans cette étude :
- A la fois de manière négative : phénomènes extrêmes ou tensions économiques
- Mais aussi positive : mutations du travail (économie circulaire), mobilités plus vertes
Elle nous a rappelé les étapes administratives qui prouvent le lien entre législation, entreprise et réchauffement climatique:
QVCT = Qualité de Vie et des Conditions de Travail
➡️ Points forts :
- La transition écologique va faire bouger la réalité du travail des collaborateurs. Les impliquer dans la transformation (via le dialogue social ou le dialogue professionnel) est un gage de réussite et peut apporter des bénéfices
✅ Conclusion :
- Question finale : En quoi votre engagement dans la CEC va impacter, modifier vos organisations de travail et les réalités des métiers ? Comment allez-vous vous en emparer ? De quoi auriez-vous besoin ?
📚 Sources :
💻 Présentation :
☕ Café PCT
Chaque groupe s’est réunit par emplacement géographique pour faire suite aux discussions entamées en S3 (voir le récapitulatif dans la synthèse S3).
Groupe Centre - Ripa Manukyan
Très bonne énergie lors de l’atelier. Beaucoup d’entreprises dans le secteur de BTP, qui sont complémentaires. La Caisse D’épargne aussi pourrait être intéressée par certains de leurs projets. Notamment les projets de végétalisations.
Batigone et Myral ont déjà fixé un rendez-vous en début d’octobre avec une visite d’entreprise prévue! Myral est aussi en contact avec Naudet pour les îlots de fraîcheur. Ils se sont rencontrés lors d’une session CEC. Entre autres, le manoir de Cargoloin a 20 km des haies à planter, et il serait ravi si quelqu’un prenait en charge le financement de ses plantations. Donc, de possibles coopérations dans ce sens pourront émerger.
Le manoir Equivocal est rentré dans un programme qui finance 80% de leurs plantations de haies (qui s’appelle bocages & potagers porté par la chambre d’agri), ils cherchent des financements pour les 20% restants.
📚 Sources:
Groupe Est - Anne-France Colisson
Les échanges ont porté principalement sur les besoins liés aux enjeux actuels:
- faire corréler les besoins des entreprises avec les services publics, para-publics disponibles -- faire corréler les besoins de l'entreprise et le moment d'interventions des acteurs, identifier les interlocuteurs, mettre en lien les entreprises qui ont des besoins similaires, quand j'en ai besoin à qui je m'adresse?, liens proches géographiquement => à l'échelle de petits territoires
- espace de collaboration / coopération pour ancrer dans la durée les actions
- besoin de temps
- de partir des besoins concrets exprimés
- faire sortir un besoin commun des entreprises du territoire
- plan de solarisation à élargir
- besoin de liens
- avoir une vision => quelqu'un qui fasse émerger un besoin commun et que la puissance publique devienne une solution, ex: consolidation du traitement des eaux usées par la ville de Florence en Italie pour les tanneries plutôt que chaque tannerie investisse dans son réseau individuel
et une proposition de mise en relation pour un projet de végétalisation a émergé
Groupe Nord-Ouest - Mathieu Favard
Participants : Brieux M, Frédérique (Simad), Christophe (Simad), Charles B, Irène (SEM), Frédéric (Attila), Kafi (Attila), Eve M, Marion A, David L, Mathieu F
Tour de table sur les besoins / élans / envies d’une part et des compétences à proposer d’autre part :
Prénom | Besoin / élan / envie | Compétence à apporter |
Irène | Faire participer des entreprises du territoire et de développer des partenariats étendus | Montage de projets en lien avec l’énergie et réseaux |
Frédéric | - Diminuer notre empreinte carbone liée aux déplacements - Travailler avec des fournisseurs locaux | - soutenir des projets photovoltaiques - Services à la maille locale |
Christophe | - Fournisseurs d’énergie pour nos locataires - Diminuer les charges de nos locataires / auto consommation - Redonner l’envie du Vivant et de l’alimentation - Mobilité / parkings avec recharges électriques | - Financement de projets - Intermédiation - Expertise des enjeux Sociaux |
Frédérique | Réseaux et se connecter | Connaissance du tissu social |
Marion | - Meilleure connaissance des acteurs et mises en relations - Liens avec Monde agricole - Faire “que l’on se parle” = cercles de parole | Compétences de facilitation |
Charles | Facilitation et posture CEC | |
David | - Développer le Rôle social de l’entreprise - Connecter les besoins des entreprises et la connaissance du tissu social | |
Brieux | - Créer des liens et des projets qui rendent nos territoires robustes et résilients - Structures qui relient (Fondation territoriale) ⇒ Se saisir de ces espaces là, rdv le 26/11 (initialement prévu le 08/10) | Mise en réseaux et collaborations multi acteurs |
Mathieu | - Encore plus accompagner de projets à impact et de leaders sur le territoire BFC | Compétences de Coaching, de facilitation et d’accompagnement à la transformation |
Kafi | tout me parle ;) |
En synthèse, des synergies et coopérations possibles pour :
- Des projets en lien avec l’énergie et le photovoltaïque
- Des projets en lien avec des enjeux sociaux
- Un collectif de ressources pour faciliter et accompagner ces transitions
Déclusion : quelques mots clés partagés à l’issue de ce PCT
- Energisant
- Faire du lien
- Energie
- Confiance
- Collectif
- Relié
- Au bon endroit
- Avenir
- Rassurant
Groupe Sud - Nils Ohlund
Et si on organisait un déjeuner chez nous , pour partager tout ç!a,
Et si on organisait des ateliers de co développement entre nous.
Et si on faisait remonter des thématiques communes
Et si on leur servait de chantier pilote pour tester leur nouveau produit.
Lunetterie thierry Et si on embarquait nos collaborateurs ensemble, en apéro, certains on fait the Week
Lucas et si on s’associait à ça,
La suite d’un temps arthur Keller c’est peut être aller voir d’autres boîtes,
Et sineon organisait un événement régénératif pour faire discuter les collaborateur
Et si on y ajoutait des éco challenge
👋 Plénière de clôture
Par Brieux Michoud, Délégué Général de l’association CEC BFC
🧮 Il y a un nouvel outil à votre disposition: celui de la montée des curseurs, inscrivez vous !!
Après la CEC ?
Vous devenez des alumnis CEC ! En tant que tels vous serez accompagnés. C’est une communauté organisée, qui vit grâce à vos actions !
Les prochaines dates clefs :
- Intersession
- Session 5 embarquer ses écosystèmes
- The Week 17, 20, 21 novembre
- Session 6 prendre son envol
Des outils de covoiturage seront mis en place pour la session 5
Et pour finir, le résumé de manière graphique de cette quatrième session:



